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sens que lesdites gallères rerueurassent fixes a Messine et y passassent 1'hyver aussy bien que 1'esté, si elle 1'approuvoit de la sorte, elle pourroit aussy donner ses ordres en toutte diligence pour faire porter incessament en ce lieu tout ce qui seroit nécessaire pour leur fournir leurs besoings, et surtout des vivres et des raffraichissements pour se pouvoir maintenir ên santé. Lorsqu'elles vinrent l'année passée au mois de juin la moitié de leurs équipages estoit malade; ils n'eurent pas esté un peu de temps en ce port que les maladies augmentérent de beaucoup, de sorte que quand on leur faisoit faire le moindre travail on les voyoit fondre a veüe d'ceil, de telle manière qu'elles n'estoient jamais en estat de faire aucune action vigoureuse, ny pour la navigation ny pour la guerre, tant la chiourme et les soldats estoient débisles. Ca esté Sire la principale cause qui m'a retenu de les faire agir comme j'auroys voulu, voyant par expérience que quand j en avois fait sortir quelques-unes a deux ou trois lieues le long de a coste et qu'il falloit entrer ou sortir, ou contre le vent, ou contre la marée, il falloit qu'une partie remorquast 1'autre. Et cela m'arnva de mesme dans mon voyage de Naples. S'il avoit esté possible qu'elles eussent passé 1'hyver a Messine, les equipages se seroient faits a 1'air du pays, et ce qui se seroit maintenu jnsqu'au pnntemps prochain auroit esté aussi bon que les esquipages de celles d'Espagne. Mais estant retournés eu France, il est a craindre que nons ne voyons arriver de nouveau ce que je viens de dire cy-dessus, si on ne prend de grandes précautions, et pour qu'elles ayent de bonnes vivres et pour que les raffraichissements ne manquent par pour leurs malades. Outre tout ce que dessus je dois rendre compte a V. M. que 1'effect du traité que le S.' de Courville avoit fait avec le senat de Messine pour le pain qui se donne chaque jour au peuple ayant este interrompn pendant plus d'un mois, je 1'ay enfin restably depuis quelques jours avec la satisfaction des parties, de telle maniere que ce n'est plus le sénat qui fait faire le pain, mais Camille; tout le peuple se trouve beaucoup mieux de son pain qu'il ne faisoit de celluy dii sénat, ce qui nous a attiré beaucoup de louanges. Je me remets a M. de Terron a escrire a M. Seignelay le détail de toutte cette affaire, qui fait voir les difficultés qu'il y a a surmonter en cette ville pour la mettre sur un pied raisonnable, mesme pour son propre bien.

J'ay parlé cy-dessus a V. M. tonchant l'armée navalle si elle desirera rester icy ou non, et paree qu'il me semble que je n'ay pas traitté cette matière suffisamment, j'ai cru que je la devois reprendre icy pour présenter a V. M. un tableau de la chose plus net et plus ample. II eat constant, Sire, que Messine ayant aussy peu de trouppes qu elle en a et qu'elle en aura encore dans deux ou trois mois, elle ne peut se maintenir seulle sans armée navalle. C'est une vérité dont il n y a nullement a douter: cela estant il est d'une conséquence absolue

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