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2 de ce mois, non a Messieurs les Estats, mais a un commissaire de guerre qui est dans Texel. Sabmedy dernier, 6 du mois, ils receurent des lettres qu'il avoit escrites le jour precedent a trois ou quatre lieues de Texel, par lesquelles il mandoit que jusqu'a ce temps-la le vent contraire 1'avoit empesche de s'approcher des costes d'Angleterre, mais qu'il prendrdit cette route-la dès que le vent seroit tant soit peu favorable, paree que depuis deux jours il avoit sceu d'un navire de Norwegue, qui venoit de la Taniise, que la flotte angloise estoit a Harwits. II adjoustoit au bas de la lettre, qu'il avoit oublié de donner advis de la prise des navires de Hambourg, mais qu'il esperoit de reparer bientost cette faute par des nouvelles plus considerables. Depuis ce temps-la, l'on n'en a point eu de la flotte, non plus que de celle d'Angleterre, si non que sabmedy dernier il arriva une barque, laquelle estoit partie de Harwits le jour precedent a cinq heures du soir, et rapporta que la flotte angloise, qui y estoit encore bien avant dans la baye, faisoit estat de sortir dimanche dernier, et hier matin une autre barque rapporta que lorsqu'il partit des costes d'Angleterre mardy, le Duc de Yorc devoit faire voile dans deux heures. Elle avoit aussy rencontré 1'admiral de cet Estat a une hauteur d'oü les deux flottes se] pouvaient joindre dans fort peu de temps, ce qui fut cause du bruit qui courut hier tout du long du jour, qu'elles estoient en presence dès mardy au soir, et que d'heure a autre on devoit attendre des nouvelles d'un combat. II est certain que M. d'Obdam est avec sa flotte sur les costes d'Angleterre, puisqne depuis trois jours le vent est fort bon, et que les galliottes, que l'on a envoyés en mer, ne la descouvrent point. Dimanche dernier sortirent les 4 vaisseaux qui estoient prests en Zeelande, et devant-hier il - en sortit 8 de Texel; de sorte que la flotte doit estre presentement renforcée de 12 bons vaisseaux, et elle le sera bientost d'autant, paree que l'on ne manque plus de matelots. L'admiral escrit, en sa lettre du 5 de ce mois, que les officiers et matelots tesmoignerent tant de joye, lorsque l'on descouvrit les navires de Hambourg, paree qu'ils croyoient que ce fust la flotte angloise, que selon toutes les apparences le succès du combat achevera de justifier les armes de cet Estat. Et de fait, quelle que se soit la bravoure des Anglois, ils auront a faire a des gens qui ne mesprisent pas leur ennemy, mais qui le combattront quand ils seroient beaucoup plus vaillans qu'ils ne sont, bien asseurés de remporter la victoire, s'ils n'en sont frustrés par un malheur extraordinaire. Le capitaine anglois, qui commandoit la fregatte qui a esté prise avec les Hambourgeois, ayant passé dans le vaisseau de lieutenant admiral Cortenaer qui 1'avoit pris, luy dit que ce ne luy estoit pas une grande gloire, d'avoir pris une fregatte avec une flotte de cent vaisseaux, mais que s'ils se fussent rencontrés seuls en mer, il 1'auroit emmené en Angleterre. Cortenaer luy respondit qu'un autre que luy pouvoit tenir ce

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