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en arrivant a la Briele dans un ehariot ouvert, il y fut reconnu, batto, outragé, et enfin jetté dans 1'eau, oü l'on eust aehevé de 1'assommer a coups de pierres, si le gouverneur n'y fut survenu avec les deux compagnies qui estoient a la grande garde, en attendant qu'il fist mettre toute la garnison sous les armes, pour la seureté de sa personne, aussy bien-que pour celle du lieutenant admiral, qui fut enfin sauvé, et mis dans une maison, devant laquelle toute la garnison demeura en bataille jusqu'au jour, que deux deputés des Estats Generaux, qui passoient par la pour aller a Helvoet, le firent mettre dans une patache pour le faire conduire en cette ville, oü il arriva la nuict d'bier, et oü il continue d'estre bien estroitement gardé dans une maison qui sert de prison aux personnes de condition. Les Estats Generaux ordonneront que l'on informe contre luy, mais d'autant que la province de Zeelande le reclamera indubitablement, l'on n'ose pas esperer presque qu'on le punisse, a cause des amis qu'il a en cette province-la, ce qui feroit un tres meschant effect, tant dans les autres provinces et auprès du peuple, qu'auprès des matelots, qui crient fort contre leurs officiers, lesquels on ne pourra point chastier avec justice, si l'on a de 1'indulgence pour les chefs, dont les fautes sont bien plus criminelles. II y a plusieurs personnes de qualité et de naissance qui offrent leur service pour commander des vaisseaux, et l'on a proposé dans les Estats d'Hollande de laisser la nomination et le choix des capitaines aux generaux, qui connoissent le merite des gens, et qui scavent en qui ils se peuvent fier. La plus grande difficulté sera a chercher un admiral, a qui on puisse donner la conduitte de toute la flotte, paree que de Ruyter n'estant pas icy, Tromp estant jeune et bonillant, bien qu'il ait du courage et qu'il entende la marine, et le lieutenant-admiral de Frise, qui estoit homme sage et vaillant, ayant este tué au dernier combat, l'on ne scait sur qui jetter les yeux. L'on propose bien d'envoyer des deputés de l'Estat, et M. de Wit meurt d'envie d'y aller, mais c'est ee que les Estats d'Hollande ne permettront pas, paree que sa presence est trop necessaire icy, dans un temps oü eelle des Anglois, qui sont tousjours sur nos costes, fait remuer toutes les mauvaises humeurs qui sont dans ce corps. Jusques icy, tout le monde est dans 1'obeïssance, et, s'il y ena qui murmurent, les plus honnestes gens deschargent leur despit contre les Anglois. Mais, s'il arrivoit encore un malheur comme celui-cy, je ne voy pas que l'on s'en pust relever ou se defendre d'un desordre qui obligeroit l'Estat a s'aecommoder avec 1'Angleterre, mesme aux despens de ceux qui gouvernent presentement, s'ils n'estoient les premiers a s'aecommoder et a changer de maximes, ce qui pourroit arriver en fort peu de temps. Ce qui donne le plus de peine maintenant, c'est le retour du vice-admiral de Ruyter, les navires que l'on attend des Indes Orientales, et la flotte de Smirne, que l'on ne peut pas faire venir tant que les Anglois seront maistres de la mer. Si le Roy ne

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