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163. WICQUEFORT AAN FREDERIK LTI, 20 Juni 1665 *\

II n'y a presque rien a adjouster a ce que j'ay dit en la lettre que je me suis donné 1'honneur d'escrire a vostre Majesté le 16 de ee mois, touchant le combat qui s'est donné le 13 et 14, sinon que l'on apprend tous les jours des particularités, qui font connoistre que la desroute a esté plus graude que la perte, et que si les officiers de la flotte de cet estat sont des lasches, les Anglois ne sont gueres plus vaillants, puis qu'ils n'ont osé attaquer une flotte, qui estoit sans chefs et sans ordre, et laquelle estoit effectivement desfaite par une terreur panique. Le capitaine anglois, qui est prisonnier a Amsterdam, dit, que lorsque les Anglois virent la flotte hollandoise jeudy 11 de ee mois, en si bon estat, et composée d'un si grand nombre de vaisseaux, ils en furent tellement espouvantés, que pour leur donner courage, on fit croire aux capitaines que l'on estoit asseuré que les vaisseaux de Zeelande et de Frise ne combattroient point; tellement que sans la perte des chefs, et sans le desordre qui se mit dans la flotte de cet estat, il y a de 1'apparence que cette journée auroit esté aussy glorieuse qu'elle a esté honteuse pour ceux qui s'y sont trouvés, a la reserve de fort peu de personnes. Le lieutenant admiral Courtenaer fut tué, ayant eu le ventre emporté, dans la première attaque; le lieutenant admiral Stellingwerf de Frise fut aussy tué en la première ou seconde attaque; Schram, lieutenant admiral de Northollande y fut blessé a 1'espaule; M. d'Opdam, lieutenant admiral general perit sur les trois ou quatre heures, et Jean Evertsen, lieutenant admiral de Zeelande, qui devoit commander la flotte apres Opdam et Courtenaer, se retira sur les huit heures du soir, et apres cette retraitte la plus part des capitaines se servirent de toutes leurs voiles pour s'enfuir, pendant que Tromp et Cornélis Evertsen, vice admiraux d'Hollande et de Zeelande, combattoient vaillamment et faisoient tous les efforts possibles pour faire revenir les autres au combat. Mais voyant qu'ils y travailloient inutilement, ils entrerent enfin dans Texel, tousjours poursuivis par les Anglois, qui continuerent de canonner, mais n'oserent pas attaquer un seul vaisseau. Aussy croit-on pouvoir dire qu'ils n'en ont pas pris un seul, et que sans le malheur qui est arrivé a cinq ou six vaisseaux oü le feu a esté mis, l'on ne scauroit pas qu'il y auroit en combat. L'on scait certainement que le vaisseau Orenge a esté bruslé, apres une defense de plus de deux heures contre trois grands vaisseaux anglois, et le Girofflier ou Nagelboom a couru la mesme fortune ou a esté coulé a fonds, apres avoir fait perir plus de 150 Anglois, qui estoient entrés dans son vaisseau, par le moyen de quelques caques de poudre que

1) R. E. — R. H. — Uit den Haag.

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