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un que ee bruit estoit sans fondement. Et après, il demeura d'accord, en presence de beaucoup de gens, qu'il avoit aprofondy la chose et quelle n'estoit pas veritable, ajoustant qu'il s'en estoit estonné d'abord, paree que M. de Monpesat estoit de ses amis. Cela nous donna sujet, a M. d'Aubigny et a moy, de Passeurer qu'il en cousteroit 300 lettres a mondit S.r de Montpezat. Et puis, en m'approchant de son oreille, je luy dis: «Sire, ce sont les amis de M. le Chancelier, qui veulent toujours parler de Dunkerke, et qui meritent bien que V. M., si elle est dans le dessein de faire la paix, la fasse sans les consulter". II me respondit tout bas: „si nous sommes sages, mon frère et moy, nous gaignerons tous deux a cette affaire-cy". — „ Mais le vray moyen", luy repliquay-je, „pour V. M., c'est de faire une paix avantageuse, et de regler si bien le eommerce, que nous y puissions tous avoir part, et c'est sur ce point que nous pouvons fort bien convenir". — Hé bien", me dit-il, „nous verrons an premier jour", comme ne voulant pas encore se declarer, et puis il se remit a parler d'autre chose, car c'estoit dans la chambre oü jouoit la Reyne sa femme, et il y avoit beaucoup de gens.

156. COURTIN AAN LIONNE, 22 Juni 1665 i).

Mon histoire n'est pas longue. J'en ai esté quitte pour une douzaine de vitres cassées dans la chambre de Monsieur vostre fils. On n'a point barré ma porte, et Monsieur de Comenge a plus de sujet de se plaindre que moi. Si nous n'eussions esté sages, vous eussiés ouï parler d'une grillade d'ambassadeurs, car touttes les rues estoient pleines de charbon fort allumé.

Nous avons destourné, M. le comte de St. Alban et moi, le voiage du Roi a la flotte, de peur que Monsieur le Duc d'Yorc et le prince Robert ne 1'engageassent a la continuation de la guerre. La Reine sa mère en a fort bien usé en cette occasion. Le comte de St. Alban, qui avoit la goutte, lui escrivit un billet, je lui fus parler en mesme tems, et aussitost elle dit au Roi son fils qu'elle seroit bien aise de mesnager le peu de jours qui lui restoient a le veoir, et le prier, si ses affaires le lui permettoient, d'envoier plustost querir Monsieur le Duc d'Yorc, ce qu'il ne peust pas lui refuser. II me semble que vous n'avés plus de tems a perdre, et si vous ne prenés une resolution, vous vous repentirés d'avoir attendu trop tard. Si M. de Wit fait sortir la flotte des Estats encore une fois, tenés pour certain qu'elle sera encore plus facilement battue qu'elle ne 1'a esté. Ce n'est pas le mestier des marchans de faire la guerre, il faut de bons chefs, de bons officiers, de braves soldats et de hardis matelots. Les Hollandois manquent de

1) A. E., Angleterre 85, ff. 216—217. — Uil Londen.

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