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paree qu'en ce cas-la les Estats d'Hollande ne se pourroient pas asseurer de leur propre milice. On leur a representé aussi le peril imminent et presque inévitable de ceux que l'on croit estre ennemis de la maison d'Orenge paree qu'ils sont passionnés pour la liberté du païs, et que 1'on considere comme les principaux auteurs de cette guerre, quoy qu'ils meritent beaucoup de gloire de 1'avoir osé entreprendre pour la justice et pour 1'interest du païs. Mais tout cela a esté inutile, paree qu'ils sont persuadés qu'ils ne peuvent sortir de ce mauvais pas que par une glorieuse victoire ou par un acconjmodement desadvantageux avec le Roy d'Angleterre, puisqu'ils n'ont point d'amy qui les appuye, et qu'ils ne veulent point de ceux qui les secourront par compassion, lorsque leur credit sera perdu, et que leurs affaires seront ruinées. C'est la la véritable constitution des affaires de ces païs, au moins c'est tout ce que j'en puis escrire, après avoir dit de boucbe a M. 1'ambassadeur tout ee que j'en ai pu apprende. Je ne crains point de dire que, si l'on perd encore une bataille, il ne sera pas possible a la plus grande puissance d'Europe d'empescber qu'il n'arrive en cet Estat une revolution qui ehangera toute la face des affaires. Si le Roy juge qu'il importe a son service que cela arrivé, ou si cela est indifferent a S. M, je me consoleray aisement de ce que l'on n'a point fait de reflexion sur ce que j'ay cy-devant escrit sur ce sujet, etj'auray la satisfaction de m'estre acquitté, avec toute la fidelité possible, de ce que je doy au service du Roy et au bien de ma patrie, en travaillant avec zele a la conservation de la bonne amitié, laquelle jusqu'icy n'a pas esté inutile a Pun et a esté trés necessaire a 1'autre. Ca esté avec regret et douleur que j'ay veu que d'un coste' l'on en a use' d'une mamere un peu brusque, et pour dire la verité un peu trop ferme dans^ une negotiation avec und grand et puissant monarque, et que de 1'autre l'on a negligé de subvenir a nos foiblesses et a negligé des remedes par lesquels l'on eust peu prevenir un mal, lequel, s'il n est incurable, le sera dans fort peu de temps. Je n'escrirois point en ces termes, si je n'en avois une parfaite connoissance, et si je ne scavois les sentimens intimes de ceux qui sont les maistres des affaires.

L on fait icy bonne mine, mais l'on est fort en peine de la flotte du vice-admiral de Ruyter, de celle de Smirne, qui doit estre presentement en mer, et des navires que l'on attend des Indes Orientales.

Jtstat et les Partieuliers ont fait partir plusieurs galiottes pour les advertir de ce qui est arrivé, et dimanche au soir il sortit du Texel 26 vaisseaux, sous le commandement de Banquert, contre admiral de Zelande, pour nettoyer la mer vers le Nort, sur 1'advis que l'on a que 20 vaisseaux anglois se tiennent de ce costé-la, a environ 15 ou 20 lieues de la coste. Le deputé qui est de la part de cet Estat a Coppenhaguen, escrit que l'on y disoit, et bien affirmativement, que de Ruyter est arnvé avec sa flotte a Bergnes en Norwegue. L'on dit icy

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