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un jacht. Ce qui est tellement veritable, que M™. les Estats pour le faire connoistre a tout le monde, ont fait imprimer une liste de tous les vaisseaux qui sont sortis de Texel le 22 et 23 may et 11 juin, y compris les 3 de Zeelande, qui joignirent la flotte le 12 de ce mois, et de ceux qui y manquent presentement: par lequel il paroist evidemment qu'il s'est sauvé du combat 100 vaisseaux, 8 pataches ou jachtes, et 9 bruslots. De ce nombre l'on en a destaché 26, y compris les 7 vaisseaux qui n'estoient pas sortis de Texel, sous le commandement de Banckert, contre admiral de Zeelande, qui est entré en mer depuis quatre ou cinq jours. II est impossibie de rien dire de son dessein, paree qu'il a esté formé par les deputés qui sont dans la flotte, qui ne Pont communiqué qu'a fort peu de personnes. L'on dit que ce n'est que pour paroistre en mer, afin que les Anglois ne soyent pas seuls maistres de la mer, mais il faut qu'il y ait quelque chose de plus. M. d'Amerongen a escrit icy, qu'en la cour de V. M. Pon avoit des advis certains que de Ruyter estoit arrivé avec sa flotte a Bergues en Norwegue, ce qui afaitjuger que Banckert va au devant de luy pour asseurer son retour, ou bien au devant des navires que l'on attend des Indes orientales, ou de la flotte de Smirne. Toutes fois ce ne sont que des conjeetures, paree que l'on tient toutes ces choses si secretes, que mesme la pluspart des estats generaux n'en scavent rien. Ceux qui ont le plus de part aux affaires veulent que l'on croye qu'il est impossibie que de Ruyter soit arrivé en Norwegue, et disent que la flotte de Smirne ne partira point de Cadix sans nouvel ordre. L'on en sera esclaircy dans fort peu de jours, car selon le dire de ceux qui en peuvent scavoir quelque chose, de Ruyter ne peut pas estre fort loin d'icy.

162. WICQUEFORT AAN FREDERIK LU, 30 Juni 1666 »k

Le vice-admiral Tromp arriva icy vendredy au soir, et au mesme temps MM. les Estats receurent des lettres de leurs deputés, qui leur donnoient advis qu'il avoit quitté la flotte sans leur permission, et nonobstant qu'ils luy eussent refusé son congé. C'est pourquoy il fut mis en deliberation, si on ne le renvoyeroit point a la flotte avec quelque espece d'infamie. Mais les Estats d'Hollande le voulurent ouïr auparavant, comme ils firent sabmedy matin, qu'il fit un rapport fort ample de ce qui s'estoit passé au combat. II dit franchement que 1'admiral et tous les autres chefs avoient esté menés a la boucherie, et laschement abandonnés par la pluspart des capitaines. Que s'ils eussent voulu faire leur devoir ou du moins faire mine de combattre, ils eussent eu 1'advantage de leur costé, puisque mesmes pendant la

1) R. K. — R. H. — Uit den Haag. — Vgl. Japikse, Brieven van Johan de Witt, HL 74 vv.

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