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qui ont presentement la principale direction des affaires. II ne se peut que S. M. ne soit parfaitement informée de 1'estat des affaires, de la perte que l'on a faite au dernier combat, et des moyens que l'on a pour s'en relever et pour paroistre en mer avec plus de forces et avec plus de vigfieur que l'on n'a fait jusqu'icy. Mais je ne sais pas si on luy a bien fait connoistre la disposition des esprits, laquelle je puis dire estre si mauvaise, que l'on en eust peut-estre veu les tristes effets, devant que l'on y eust pü faire reflexion, sans la declaration que S. M. a faite a M. van Beuningen. Je ne suis pas le seul qui croye, mais plusieurs personnes de l'Estat sont persuadés avec moy que lafaction contraire s'alloit declarer et que l'on alloit changer tout le gouvernement, si le Roy eust differé de faire connoistre son intention. Personne ne peut nier qu'elle n'ait esté tres bonne, quand S. M. a voulu que MM. ses ambassadeurs fissent office auprès du Roy d'Angleterre, a ce qu'il ne revoqaast point M. Downing, paree qu'elle vouloit porter les affaires a la douceur et a un accommodement. Mais je ne crains point de dire que c'est un. instrument si dangereux, qu'il n'y a personne au monde plus capable de faire du,mal que luy. Cette guerre est son ouvrage, et il veut avoir 1'honneur de 1'achever et de perdre cet Estat, s'il peut. II recommence depuis quelques jours ses visites, et presche partout la paix, et a mesmes dans sa maison un officier anglois, de ceux qui furent dernièrement licentiés, nommé Manlay, dont il se sert, non seulement pour persuader au monde que l'on peut et que l'on doit faire la paix sans la mediation de la France, mais aussy il travaille incessamment a faire augmenter le nombre des ennemis du gouvernement present. Ce n'est pas d'aujourd'huy qu'ils disent partout que le Roy a offert au Roy d'Angleterre, non seulement de n'executer point le traitté, mais mesmes de se declarer contre ces provinces, s'il vouloit promettre qu'il n'empeschera pas S. M. de poursuivre ses pretensions sur les Pais-Bas; mais depuis 1'arrivée de M. de Montbas, qui a apporté des lettres de M. van Beuningen, il fait un dernier effort pour tascher d'empescher une entière liaison de cet Estat avec la France, ou de le brouiller en sorte que la declaration de S. M., quelle qu'elle puisse estre, luy soit inutile. Je suis obligé de le dire, Monseigneur, afin que sur cela on puisse prendre des mesures asseurées, qu'il y trouve des dispositions si favorables, qu'il est impossibie de prevenir une revolution generale si S. M. n'a la bonté de considerer qu'il luy importe de conserver le bon party, si elle ne veut pas que l'Estat perisse. Les provinces en general sont parfaitement unies, et fort resolues a la continuation de de la guerre, et d'offrir pour cela jusque au dernier denier de leur revenu. Mais je ne scay pas si l'on agiroit avec la mesme vigueur, si l'on estoit assés malheureux pour perdre une seconde bataille, et si le pouvoir des magistrats seroit assés grand pour empescher le peuple de demander ou la paix ou un chef, puisqu'1 n'est que trop persuadé desja

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