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que cette guerre ne se fait que pour 1'amour de M. le Prince d'Orenge, et que si .on le restablissoit, le Roy d'Angleterre ne feroit point de difflculté de faire la paix en sa consideratiön, ou du moins que l'on feroit la guerre avec plus de succès. Ce qui n'est pas seulement dans 1'opinion du peuple, mais mesmes les gens de guerre et leurs chefs en sont prevenus, particulièrement ceux de la flotte. L'on ne peut pas douter de ceux de Zeelande et de Frise, et depuis quatre jours l'on a veu le S.r Tromp, vice-admiral d'Hollande, aller trouver M. le prince d'Orenge pour luy dire que l'on auroit esté plus heureux en la derniere bataille, si l'on eust combattu sous ses auspices, et il a eu 1'audace de dire a M. de Wit que l'on n'auroit point de contentement, si l'on ne levoit des matelots au nom du Prince. Je scay bieu que c'est un effect de sa brutalité, qu'il ne fait que trop connoistre tous les jours, mais il ne laisse pas d'inspirer les mesmes sentiments a toute la flotte, et mesmes au peuple, qui après la glorieuse retraitte qu'il a faite, le considère comme le conservateur de l'Estat. Je croy y devoir ajouter que la pluspart des officiers de guerre, je n'en excepte pas mesmes ceux qui font profession particulière d'aimer et de reverer la France, ont les mesmes sentiments, dont ils ne se desferont point, si le Roy ne parle et ne se declare, tant pour l'Estat que pour le bon party, 41-n'y a que cela qui puisse ruiner les desseins des seditieux, et qui puisse faire esvanouir les pensées de ceux qui pretendent profiter des ces desordres pour faire un changement dans le gouvernement. Ilyadix jours que Mad. la Princesse Douairière a fait embarquer son bagage et celuy de M. le Prince d'Orenge, et qu'elle fait courir le bruit qu'elle va a sa maison de Buren en la province de Gueldre, et cependant elle differe son voyage, sous pretexte de son indisposition, pendant que ses gens publient que ses amis luy conseillent de ne partir point, paree que l'on va faire quelque chose pour le Prince, et que le moins qu'elle puisse esperer c'est qu'on lui donnera la charge d'admiral, pour donner quelque satisfaction aux gens de marine. Quoy qu'il en soit, l'on a conceu de grandes esperances en cette maison-la, et elles ne'seront pas mal fondées, si le Roy differe de tesmoigner qu'il aime cet Estat et qu'il est assés puissant pour obliger ses ennemis a luy donner une bonne paix, et pour y eonserver le repos. Je scay bien que S. M. n'a pas sujet d'estre fort satisfaite des sentiments que quelques-uns ont eus a 1'égard des pretensions de S. M. sur les Païs-Bas, mais il vous plaira vous souvenir de ce que j'ay escrit plus d'une fois qu'il n'y a rien que l'on ne puisse faire icy, par les voyes de la raison et de la douceur. Je le dis encore, et que si l'on se veut aider, le Roy fera une bonne partie de ce qu'il voudra. Je connois les sentiments de ceux qui y peuvent le plus, et M. 1'ambassadeur a toutes les qualités necessaires pour faire donner satisfaction a S. M. sans que je m'en mesle. Vendredy dernier l'on vit arriver icy M. Tromp, au mesme temps!

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