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mandant en chef, demandant permission de se retirer. Les deputés luy dirent qu'il n'estoit pas en leur pouvoir de luy donner son congé et qu'il falloit qu'il s'adressast pour cela aux Estats Generaux, mais qu'ils luy vouloient bien dire, que puisque la flotte estoit sur le poinct de sortir en mer, quand mesme M.™ les Estats luy permettroient de se retirer, il ne pourroit pas jouir de 1'effect de cette permission que de Ruyter ne fust arrivé, paree que la flotte ne pouvoit pas demeurer sans chef, 1'exhortant de songer a luy et d'obeïr aux ordres de l'Estat. II se retira dans son vaisseau sans repliquer, et le lendemain la pluspart des vaisseaux s'estant mis en estat de sortir, les trois plenipotentiaires se mirent en celuy de Tromp et le firent entrer en mer, M. de Wit ayant encore fait des merveilles en faisant sortir les plus grands vaisseaux par un endroit contre 1'advis de tous les pilotes et avec un trés bon succès. II en sortit ce jour-la, qui fut vendredy, environ 50, le lendemain il en sortit 25 et dimanche matin tout le reste, jusques au nombre de 91 et 10 bruslots, mais deux vaisseaux de guerre s'estant touchés et endommagés en sortant, ils furent contrahits de rentrer, a dessein de suivre la flotte dans deux ou trois jours. Elle ne s'esloigna point de la coste tout ce jour la, paree qu'elle attendoit de Ruyter, qui arriva le mesme soir au Texel, oü il fit le serment entre les mains des deputés, de qui il receut son instruction, et lundy matm il partit dans une bonne fregatte, avec laquelle il pouvoit joindre la flotte sur le midy, paree qu'elle n'estoit esloignée de terre que de six heues. L'on n'en a point eu de nouvelles depuis ce temps-la, et Tromp n'estant point revenu, il y a de 1'apparence qu'il s'est accomodé avec de Ruyter, en suitte des remonstrances de M. de Wit, qui ont esté assés fortes pour luy faire connoistre que s'il coutinuoit de s'opiniastrer contre les ordres de ses souverains, les deputés avoient et le pouvoir et le moyen de le faire punir par le conseil de guerre. Devant que d'en venir la, les deputés avoient sondé les inclinations des capitaines touchant le commandement general, et trouvé qu'il n'y en avoit pas un seul qui ne declarast qu'il aimoit mieux servir sous de Ruyter que sous Tromp, et tous les matelots ont tesmoigné la mesme inclination, comme de 1'autre costé tout le peuple, qui tesmoignoit tant d'affection pour luy depuis le dernier combat, a condamné sa desobeïssance, et a donné toute son amitié a de Ruyter. Celui-cy n'a amené de tous les capitaines de son escadre que van Nes, vice admiral de Rotterdam, quoyque tous les autres eussent offert leur service, et que de Ruyter eust offert de servir l'Estat en cette occasion avec 9 vaisseaux de son escadre; mais l'on a jugé a propos de former icy un corps de reserve, qui sera commandé par Meppel, lieutenant admiral de Northollande, et d'un merite qui approche de celuy du défunct admiral Tromp. Cependant on donnera aux matelots le loisir de se raffraischir, et de jouïr du butin qu'ils ont apporté, qui est grand; y

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