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composée de 61 vaisseaux de guerre et de 24 quatre bruslots, et d'autant que la nuit suivante et tout le lendemain le vent'fut fort bon, l'on ne doute point qu'il ne 1'ait porte'e jusques aux costes d'Angleterre. Ce grand nombre de bruslots fait croire que l'on a dessein de brnsler quelques vaisseaux qui sont a 1'entrée de la rivière de Londres, hors d'estat de se pouvoir defendre, pour avoir esté trop maltraittés au dernier combat. Les lettres de Londres disent que les Anglois seront bientost en mer avec une flotte aussy nombreuse qne la derniere, mais qu'elle ne sera pas composée de si grands vaisseaux ny si bien montée d'hommes. L'on croit icy que les vaisseaux qui estoient a Portsmouth, Pleimouth et Palmouth, ne sont pas encore venus vers la rivière, oü est leur rendez-vous, et ainsy que la flotte de cet Estat pourra empescher leur jonction. M. de Wit, qui revint en cette ville hier soir sur le midy, après avoir donné les ordres necessaires pour 1'equipage de 15 ou 16 vaisseaux, qui suivront la flotte ^ dans peu de jours, aura sans doute communiqué le dessein que l'on a qui doit estre assés considerable, puisque l'on a demandé a toutes les admirautés des pilotes qui entendent bien les costes d'Angleterre et l'on se sert mesme de quelques Anglois qui ont esté pres au dernier combat. Quand on scaura a Londres que la flotte de l'Estat est sur leurs costes, l'on y commencera a croire au moins que leur victoire n'a pas esté si grande qu'elle meritast que l'on en fist des feux de joye. Cela destrompera aussy en quelque facon les Espagnols, qui ont imprimé dans leurs gazettes a Bruxelles que de Ruyter et Tromp ont esté tués au dernier combat, que toute la flotte de l'Estat y a esté ruinée, que les Anglois en ont pris plus de 20 vaisseaux et que presentement ils tiennent les ports de ce pays assiégés. L'on n'oseroit pas dire encore a Bruxelles, sans s'exposer au hasard de recevoir un affront, que les Anglois ont esté battus, puisque le resident de l'Estat mesme ne 1'a pas pu eviter, quand il a voulu faire des feux de joye le mesme jour que l'on en fit icy. II en a fait de grandes plaintes icy, et sabmedy il escrivit que sa personne n'y estant plus en seureté, il se retireroit, pour ne faire point d'affaire a l'Estat. M. de Guent, qui presidoit, exaggera si bien le mauvais procédé des Espagnols, que M™. les Estats ne voulurent pas permettre qu'on leust le memoire que 1'ambassadeur d'Espagne avoit presenté pour tascher d'excuser ce qui s'y est passé. L'on a veu depuis une relation fort ample du resident, et le memoire de 1'ambassadeur d'Espagne, accompagné du procés verbal du procurèur general, qui font connoistre qu'il y a eu beaucoup d'imprudence en la conduitte du resident, mais elle ne peut pas excuser 1'insolence du peuple, qui lui a cassé ses vitres, et s'est mis en devoir de forcer la porte de sa maison. Le resident d Angleterre avoit fait des feux le mesme soir et avoit fait donner du vin a tous ceux qui en demandoient, et paree que l'on n'en donnoit

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