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le vray dessein, a cause que cette affaire se machine entre de Witt et peu de ses affidés, quoy que j'en ay fait tout devoir possible pour en aprendre le dessein, si est-il que l'on me m'en a rien S9eu asseurer autrement qu'ils ont envie de s'emparer de prime face de 1'ile de Wicht par provision en forme d'essaye. Ledit de Witt a escorte la flotte a sa sortie derniere deux on trois heures en mer, oü il communiqua longtems en particulier avec 1'amiral de Ruyter, luy donnant les derniers ordres sans aucun autre deputé, laquelle étoit lors de 84 vaisseaux de guerre, sans y comprendre les brulots, les jachts, ni les vaisseuux marchans chargés des soldats et amunitions ou ustensils de guerre, lequel de Witt flt raport jeudy dernier a leur H. P., que la flotte étoit sortie eh tres bon ordre, il fit aussi eu même tems raport de la constitution de la flotte d'Angleterre, distinguant les lieux des havres, nombres et proportions des vaisseaux, laquelle (selon le dire de S. M. très-sacrée, et de S. A. R. Monseigneur le Duc d'York) seroit de 80 or 90 vaisseaux, et qu'elle se mettroit en mer au commencement de ce mois, quoy qu'il ne le croyoit nullement, a cause, disoit-il, qu'il étoit trés asseuré qu'il y avoit faute de monde. Tous les devotieux pour S. M. suplient de bien garder que la flotte ne se met en mer, si au prealable elle n'est bien garnie, et bien proportionnée en tel état qu'elle puisse resister a cette grande force, a cause que si elle venoit par malheur a succomber, ils craignent que la personne de sadite Ma.té n'encourroit disgrace, quy est le principal but de de Witt et ses semblables, quy travaillent a toute iustance vers le Roy de France, par son confident 1'extraordinaire Beuningen, de faire joindre la flotte de France et de Danemarc a la leur, afin qu'apres avoir battu et dispersé. celle d'Angleterre, faire un effort general en quelque lieu des Royaumes de S. M., m'étant trés bien informé que le Roy de France est tout a fait porté a cela, et pour 1'effectuer, est d'avis de faire mettre pied a terre a son monde en Yrlande, pour quoy faciliter, ledit Beuningen a proposé aux ministres d'Etat du Roy, qu'il luy plaise fournir quelque nombre d'argent au Roy de Danemarc, afin de se mettre en état pour tant mieux effectuer le dessein pretouché, mais le Roy et ses ministres s'en sont voulus excuser, tachant de jeter le fardeau au commencement sur les épaules de leurs H. P. A la poursuite toutesfois dudit Beuningen, il semble qu'il est a present assé incliné sur la remonstrance* qu'il luy en a faite, que leurs H. P. avoient desja fourni 15 tonnes d'or a cet effet, que les Anglois etoient ennemis communs selon le traité, et que par ainsi le Roy y devoit acquiescer, a quoy il commence a preter 1'oreille sous espoir d'y treuver son eompte. Les Seig.nr" non partials et bien intentionnés ont proposé a 1'assemblée de leurs H. P. s'il n'etoit encor loisible de presenter la paix a S. M., mais les adherans de de Witt ont soutenu qu'il falloit avant tout atteudre 1'effet d'une seconde bataille, et apres cela il falloit demander 1'agreation du Roy de France,

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