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287. WICQUEFORT AAN LIONNE, 12 Aug. 1666 »).

Dès le 4 de ce mois l'on avoit ony icy le bruit du canon vers les costes de Plandres et d'Angleterre, de sorte que l'on ne doutoit point que les deux flottes ne fussent aux mains. Neantmoins, l'on n'eut point d'advis des particularités du combat que sabmedy sur le midy, que Ton en sceut le succès en mesme temps par une lettre que MM. les Estats receurent de M. Tromp. II y disoit que le combat ayant commencé mercredy 4 du mois sur les 11 heures du matin, le vent estant au Nort et favorable aux Anglois, 1'avant-garde, composée des escadres de Zeelande et de Prise, avoit commencé 1'attaque fort brusquement, et devant que de Ruyter pust charger avec le corps de bataille. Que luy, qui commandoit 1'arrièregarde, n'ayant pü suivre, la flotte angloise 1'avoit coupée des deux autres escadres, de sorte qu'il n'avoit pü les rejoindre, mais s'estoit attaché a 1'arriere-garde des Anglois, sous le pavillon bleu, eommandé par Jeremie Smith, laquelle il malmena et poursuivit le reste du jour et toute la nuict suivante, jusques sur les costes d'Angleterre. Et que le lendemain, considerant qu'il s'estoit trop esloigné du gros de la flotte, et que M. de Ruyter pourroit estre en peine de luy, il avoit changé de route, la prenant au Sud, 1'arriere-garde des Anglois changeant aussy de route en mesme temps, et le suivant de loin, mais qu'au lieu de rencontrer la flotte de l'Estat, il avoit veu venir a luy toute la flotte angloise. Ce qui 1'avoit obligé de se retirer aux Wilingues, oü il estoit arrivé avec toute son escadre, dont il n'avoit pas perdu un seul vaisseau, et qu'il n'avait que 5 hommes de tués dans le sien, bien qu'il eust fort longtemps et iurieusement combattu, et qu'il eust mis le feu a un vaisseau anglois monté de 64 pieces de canon. Qu'il ne scavoit point de nouvelles de M. de Ruyter, ny ce qu'il estoit de ven u.

Cela causa une merveilleuse cousternation partout, d'autant plus que depuis jeudy l'on n'avoit point ouï tirer, qui faisoit croire que les Anglois, qui avoient 1'advantage du vent sur la flotte de l'Estat, 1'avoient chassée et poursuivie jusques dans la Manche, oü elle devoit toute perir apparemment. L'on fut en cette peine jusques a 6 heures du soir, que MM. les Estats receurent des letters de M. de Ruyter, lesquelles, après avoir parlé du commencement du combat de la mesme fa^on que celles de Tromp, disent que son avant-garde avoit fort bien combattu, pendant que lui avec son corps estoit aux mains avec le gros de l'armée navale des Anglois, qui s'estoit mis entre luy et 1'arriere-garde, paree que Tromp estoit demeuré derrière. Qu'il s'estoit trouvé seul entre le Souverain et le Royal Charles, secondés de plusieurs autres des plus grands vaisseaux de la flotte angloise, et qu'au

1) A. E., Hollande 80, ff. 361—'63. — Uit den Haag.

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