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mes vaisseaux se puissent mettre, "pour estre plus en estat de se joindre aux Hollandois et pour faire plus commodementles desarmemens et les radoubs, je desire que vous examiniez aussi eette matiere avec toute la circonspection possible, et que vous entendiez sur cela les plus anciens capitaines et les plus experts pilotes de l'armée, des isles et de la province de Bretagne, sur quoy, après que j'auray encpre 'receu les sentimens du Sr. Duquesne et des autres officiers de 1'esquadre qui est allée en Portugal, je prendray ma dernière resolution avec plus de fondement. Je vous diray seulement par advance qu'il me semble que mon armée seroit beaucoup mieux postée a Brest que dans les rivieres de Charente et de Seudre, et qu'il seroit plus advantageux pour toute la suite de cette guerre qu'il se trouvast des retraites seures dans les havres d'Abervrac, rivière de Pointrieux et autres ports de la coste de Bretagne qu'en tous autres lieux, et qu'on devra donner sans difficulté' a ces derniers la preference sur les autres pourveu qu'ils sé trouvent aussi asseurez, et que la difficulté d'y pouvoir avoir des victuailles et et y faire des radoubs n'y rende point les armemens impossibles.

J'atends impatiemment les advis et les certificats de tous les officiers de marine sur ce qui s'est passé de leur cognoissance entre mes ;vaisseaux et ceux des Estats Généraux pour le salut des pavillons, trouvant la matiere si importante et si delicate, que je ne crois pas qu'on doibve obmettre a considerer aucune des circonstances qui se sont pratiquées par le passé.

Le S.r Colbert du Terron vous communqueraun dessein sur 1'Irlande pour lequel je tiens necessaire de luy donner au moins un des vaisseaux les plus légers de mon armée. Sur quoy je me remets a ce qu'il vous expliquera plus amplement de ma part. -

315. DE BEAUFORT AAN COLBERT, 2 Sept. 1666 l).

Le courrier de Nantes nous a aujourd'huy porté nouvelle d'un troisiesme combat gaigné par Hollandois a), lequel, quoyqu'avantageux pour la France, ne laisse pas de m'estre laplus douloureuse qui me pouvoit arriver, et, a ce qu'il me paroist, la plus prejudiciable a la reputation des forces maritimes de Sa Ma.té. On auroit pu eviter cet inconvenient par la dilligence des armements et par des victuailles de plusieurs moys; mais l'un et 1'autre n'a pü reüssir comme je 1'aurois soubaité et comme je connoissois que le service le demandoit, et j'en ay, Monsieur, plusieurs fois descouvert les raisons dans les lettres que je me suis donné 1'honneur de vous escrire cy-devant. Si le premier combat m'eust eschapé, le second et le troisiesme ne se seroient pas dounez

1) B. N., Mélanges de Colbert 140, ff. 86—88. — „A bord de 1'Admiral".

2) Valsch gerucht.

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