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317. DE BEAUFORT AAN COLBERT, 6 Sept. 1666»■).

On a raecommodé icy quelques voyes d'eaue qui s'estoient trouvées dans 1'armeé de S. M. et d'ailleürs ayant faiet remettre aussi quelques mastz de ïune qui manquoient, je crois estre en estat de faire voile mardy ou mercredy prochain tout au plus tard pour aller me poster dans la grande rade de Brest et y attandré Mons.r Du Qiiesne. Pour cet effect, je fais toute dilligence pour qu'il soit averty de ne point venir jusques icy, mais de se rendre la sans perdre un moment de teinps, et je me sers pour cela de petites frégates que j'envoye soit a la mer, soit a Belle Isle, a 1'Isle-Dieu et autres lieux, afiu' de 1'empescher de s'enfoncer dans la baye de la Bochelle, oü je trouve qu'il y a de grandes difficultez pour s'aecommoder promptement J'espere qu'estant a Brest, je feray si bonne guerre aux Anglois dans la Manche, qu'il y aura peine que les vaisseaux qui viennent de Levant et d'autres aussy nous puissent eschaper; et je les enVoirois jusques a Bristol, n'estoit que je crains qu'ilz s'esloignent trop. J'avanceray de petitz bastinten tz legers jusques aux isles de Gersay et Grenesay et de plus grandz qui sont accommodez et spalmez de fraiz iront jusques vers ...*), lesquels aurout correspondance les uns aux autres. De maniere que je feray une guerre assez incommode aux ennemis et seray souvent adverty de tout ce qui se passera et pourra venir vers nous. De plus je seray en estat d'obeir aux ordres du Roy pour faire la jonction avec dilligence et favoriser le passage des vaisseaux du sel, c'est a dire ceax qui arriverent hier et qui estoient icy auparavant, si je ne les mene moy-mesme jusques a leur port. De plus, je tiendray le chemin net de la Rochelle a Brest pour recevoir tout ce qu'il plairra au Roy qu'on me rapporte. Je me fourniray la de bons pilotes et en prendray icy sur lesdits navires du sel et snr les deux vaisseaux de guerre qui les escortent, qui serviront pour 1'Estroit de la Manche passé Calais juisqu'a Flessingues, lesquels ne seront pas hauturiers, mais vray costiers; et je m'accommoderay de facon avec tous ces marchans, qu'ils n'auront pas sujet de seplaindre de moy, puis qu'eux-mesme m'ont declaré qu'il faloit qu'ils men donassent, n'y en ayant plus dans le païs, leurs navires au nombre de cent ayant tout enlevé. Je les presseray de se charger en dilligence et leur en donueray les moyens pour qu'ils me viennent plus promptemént trouver, et que je les puisse faire remettre dans les lieux oü ils doivent aller, m'appliquant autant qu'il m'est possoble d'executer tout ce que vous desirez de moy pour le service tant en marchandise qu'en guerre. Je ne puis, Monsieur, raisonner sur la maniere de la jonction

1) B. N., Mélanges de Colbert, 440, ff. 191—194. — „A la-radede la Palissc".

2) In den tekst oningevuld.

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