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L'armée de ces provinces s'est retirée dans les havres. L'admiral Ruyter 1'avoit quittée avant qu'on paria de la séparer.

331. JANOT AAN COLBERT, 7 Oct. 1666»).

Je me donnay 1'honneur de vous eserire avant-hier par Arras. Depuis il a fait un temps fort rude: ce qui m'obligea dez hier matin d'envoier advertir M. le chevalier de Buoux que, s'il a besom de cahles, que j'en ay iey, et qu'il les peut envoyer prendre. II ne peut avoir de 1'eau fraiehe qu'après demain, paree que les escluses du Sas ayant esté rompues par la tempeste, les eaux salées montent jusques a Gand et au dela, de sorte qu'il faut aller prendre des eaux douces a Anvers ou a Dort.

Je remarque qu'on est trés disposé en cette province de tenir la mer pendant les mois de janvier et de fevrier, et de faire passer le Canal aux vaisseaux de guerre zelandois, pourveu qu'il plaise a S. M. de les faire joindre par quelques-uns des siens, et cela afin de travailler les ennemis communs sans leur donner le moindre relasche.

Us demeurent d'accord que la mer est rude pendant les mois de novembre et de decembre, mais ils soustiennent et prouvent par plusieurs experiences que la navigation est tres facile dans les mois de janvier et fevrier, et pour cela les Zelandois ne desarment jamais paree que les glacés ne ferment point leurs havres, et au contraire que les Hollandois sont obligez de desarmer, a cause que leurs eaux sont toutes fermées par lesdites glacés.

Lesdits Zelandois considerent en cela que la despence est toute faite, et pensent aussy que S. M., qui entretiendra tousjours son armée, sera bien aise de tenir en mer quelques-uns de ses vaisseaux, afin de faire perdre a 1'ennemy le titre qu'il s'arroge de maistre de la mer.

Les susdits Zelandois ont 14 vaisseaux en mer, et tascheront d'y en mettre encore 3, s'ils peuvent avoir du canon. Ils esperent aussy que les Hollandois leur en laisseront 8, et tous ensemble ils eroyent pouvoir aller jusques a Brest, afin que, s'il plaist au Roy que l'on tente le passage du Canal avec les flottes des marchands venants de Bourdeaux et de la Rochelle, on le puisse faire. Et ife eroyent qu'il est hors de doute que l'on ne passé avec liberté, si 18 ou 20 vaisseaux de l'armée de S. M. soustiennent cette tentative.

Je considere en cela le debit des denrées des sujets du Roy, paree qu'asseurement plusieurs marchands se joindroient a cet armement, et aussy que ce seroit une action d'honneur de passer avec des forces mediocres a la veue de toutes les costes de 1'ennemy.

1) B. N., Mélanges de Colbert, 444, ff. 486—188. — Uit Middelburg.

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