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chose de plausible a tout le moude, pour faire mieux passer sa suite, disant qu'il faut eviter de combattre separez les uns des autres autant que l'on pourra, et par consequent qu'il faut être les premiers a Ia mer s'il est possible, et en verité de la depend la faeilité et seureté de la jonction des flottes.

2. — C'est pour nous tomber dans le mesme inconvenient oü nous nous sommes trouvés cette année, que d'aller joindre au Pas de Calais M.rs les Hollandois, et d'entrer dans la Manche dèz 1'henre qu'ils seront a la mer, paree qu'une fois qu'on est engagé passé Ouessant et les Sorlinghes* il est malaisé de s'empescher de combattre les ennemis s'ils sont en corps d'armée a 1'isle de Wigt, qui est le poste ordinaire, car le vent qui vous mène au Pas de Calais, faict que vous laissant passer le travers de ladite isle, ils vous tombent sur les bras sans que les Hollandois vous puissent secourir, le vent leur estant contraire, et si estant au large passé Ouessant, le vent vous empesehoit d'entrer dans la Manche, ils 1'aurorient sur vous et vous viendroient facilement chercher, chose qui seroit fascheuse si le pavillon de S. M.tó estoit obligé de larguer devant celluy d'Angleterre, a quoy lesdits Hollandois ne pourroient pas, quand ils le voudroient, remedier de si loing.

3 et 4. — Le principal fondement des Hollandois en tout leur exposé est qu'eux et nous serons les premiers a la mer, mais cela n'estant pas un coup seur, tout ce qu'ils disent ne peut point estre accompagné de bonnes raisons. Et il est a remarquer qu'ils ne promettent de s'avancer jusques a Ponitrieux qu'estans certains que les Anglois ne seront point encore ensemble, m'estonnant qu'on ne leur ayt demandé qu'un bon vent d'Est qui nous est contraire, et qu'au lieu de demeurer a Calais ils ne se soient pas engagés de venir tout droict sans s'arrester, et comme l'on ne doit point partir des ports les uns ny les autres qu'on ne scache qu'on soit tout a fait prest, cela estant esclaircy de part et d'autre, M.rs les Estats ont esté favorablement traittez-quand on ne les a point pressez, le vent estant bon, de faire voile droict a nos costes, oü seurement la jonction se feroit dès qu'ils seroient a 1'Ouest seulement de Oasquet; par-la ils s'empescheroient asseurement de combattre, ne restant pas dans un lieu ïnouillés a 1'ancre, oü vraysemblablement ils ne pourroient pas 1'éviter, mais la passion d'avoir leurs ports derrière eux pour faire a point nommé icelle ruse qu'il leur plaira, les empeschera toujours, quoy qu'ils promettent, de venir vers la Bretagne.

5. — Us ont raison de dire que si les Anglois sont plustot a la mer que nous, il sera malaisé d'éviter que nous ne combattions séparément d'avec eux, a moins que d'un miracle comme cette année. Et sur cela vous ne leur voyez autre ouverture d'esprit ni expédient que celuy d'éviter une bataille autant qu'il leur sera possible, ce qui est tres malaisé dans 1'estroit de la Manche, dans les hauteurs de temps que

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