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dois puissions estre les premiers a la mer. Et en ee cas les Anglois n'éstant point assemblez mais separez dans plusieurs de leurs ports et qu'on en fust bien asseuré par les advis qui viendroient d'Angleterre et ceux que nous pourrions avoir de la mer, je ne fairois aucune difficulté, ayant tous les vaisseaux du Roy en estat dans ce moment la dans la Baye de Brest ou a Belle Isle, et le vent bon et faict, de passer vers la Hollande. De mesme M.rs. les Estats en doivent beaucoup moins faire de venir passé Gasquet, mesme jusqu'icy, ayant le vent favorable, ce traict se faisant trés promptemént pour peu qu'il soit frais et stable. Et afin de lever a Messieurs de Hollande la crainte de n'avoir pas leurs ports libres derrière eux, la jonction faicte du costé de deca, on leur pourroit promettre de repasser sans perte de temps jusqu'au Pas de Calais pour y combattre les ennemis, aymant mieux, pour moy, peu de retraite pour nos vaisseaux que de leur en donner beaucoup.

II y a un deuxiesme expediënt qui me paroist le meillenr et le plus sur et duquel on ne scauroit convenir trop tost, a moins qu'il y eust quelque raison qui s'y opposast dans laquelle il ne m'est pas permis de pénétrer: c'est de faire resoudre les Hollandois de mettre promptemént et préférablement a toute autre chose 40 navires de leurs meilleurs en estat a la fin de febvrier, et avec beaucoup de vivres venir icy se joindre avec nos vaisseaux qui sont la outre du nombre des. 40, et d'accomoder le reste de leur flote autant diligemment qu'il se pourra. Avec ce secours je me'fais fort d'aller joindre les Hollandois jusques dans leurs ports malgré tous les Anglois, et de les combattre s'ils m'en veulent empescher. Et comme eecy seroit le plus advantageux pour le Roy mon maistre qui par la auroit toutes ses forces joinctes et s'attireroit seul la gloire d'une belle action, je souhaiterois que les Hollandois ne prissent point 1'alternative qu'a ce defaut je crois qu'on peut leur offrir, qui seroit qu'avec 25 ou 30 navires dès qu'ils seroient prests lesquels j'espererois mettre en estat bientost, j'allasse jusques dans les ports de Zelande avec le pavillon de Sa Mté. et avec quantité de victuailles, le mettre a la teste de 1'armé de Hollande et cela tout au plus tard a la fin de febvrier, bien entendu qu'en cette saison-la, les Anglois ne pourroient pas avoir pareille force ensemble, ce qui a mon sens feroit le plus glorieux effect qu'on se puisse imaginer pour la France, ne doutant point que si nous estions parvenus jusques-la, les Anglois ne fussent contraints de demander la paix, ou de demeurer dans leurs ports et rivières. En un mot, il me semble, ou je me flatte dans mon opinion, quelque party qu'on prenne sur ces deux propositions, que la gloire de toutes ces choses en demeurera au Roy mon maistre. Et comme ses forces n'ont pas pu assister aux deux combats de cette année, il semble qu'il est comme de nécessité de hazarder quelque chose pour la reputation publique, afin de montrer 1'honnesteté et la vigueur de nos intentions. C'est ce qui m'a fait plus

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