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5. — II semble qu'il y ait aussy peu a changer ou adjouter a ce cinquiesme point qu'aux autres.

II n'y a aucune apparence de proposer qu'ayant une force assez grande pour combattre les Anglois, on en détache la moitié pour la joindre a une autre moitié tres esloygnée.

339. „RESPONSE au projet de 1'Ambassadeur de France et des deputez des Estats Généraux", 23 Dec. 1666

La resolution du premier et second article est trés bonne, qui dit que les armées du Roy et celle des Estats soyent prestee a mettre en mer avant les Anglois; ce qui est le vray moyen de faire leur jonction sans estre obligé de venir a un combat avant icelle.

Mais l'on blasme le troisiesme article qui veut obliger l'armée du Roy a faire la mesme demarche en cas de vent d'Ouest que celle d'Hollande s'offre de faire en cas de vent d'Est, par la raison que l'armée des Estats est une fois plus forte en nombre que celle de France, laquelle se trouve affoiblye de neuf de ses vaisseaux de guerre et d'un bruslot, desquels 1'autre est fortyfyée d'autant.

Et par consequent il vaut beaucoup mieux que les deux armées sortent de leurs ports, et assemblent chacune leurs forces en mesme temps, scavoir celle de France dans la Baye de Brest et celle des Estats en rades de Zelande, desquels deux endroicts on peut sortir des vents d'Est, et que l'armée d'Hollande s'advance a bon vent jusques aux environs de Pontrieux, la ou celle du Roy se pourra aussy advancer au premier advis, qui sera facille de donner et par terre et par mer, que leur armée sera en marche. De cette maniere on pose la jonction des deux armées sans difficulté, attendu la diligence que la France et la Hollande font faire pour mettre leurs armées en mer avant celle des ennemis.

Ainsy par toutes les raisons qui se peuvent alleguer il convient a l'armée des Estats de mettre la première a la voille pour entrer dans la Manche au premier vent d'amont ou de 1'Est qui reignent d'ordinaire au mois de mars, et quand mesme en ce temps-la ils verroyent les ennemis, a quoy il n'y a guerre d'apparence, l'armée des Estats puissante comme elle est pourroit avec la resolution de passer sans s'engager a un combat général, continuer 1'honneur de leur Estat, attendu que la jonction des deux armées doibt |estre le souverain bien pour le succes de cette guerre.

II semble ridicule que le projet envoyé d'Hollande ayt conclu a la marcbe de l'armée du Roy vers le pas de Calais sans avoir supposé toutes les conditions necessaires, comme entre autres celle de scavoir

1) A. N., Marine B* 3.

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