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Comme ils potont enHollande

le bordage de vi n t la qu ille.

Que les vaisseaux d'Hollande ont plus de plattes va-

rangles que ceux de France.

y'fasse reflectioii. II est certain, et 1'Angleterre en sera juge que 1'on bastit trop materiellement en France, et que, si 1'on donnoit moins d'espaisseur aux membres des vaisseaux, qu'on diminuast la quantité de fer et qu'on se servist plus qu'on ne fait de chevilles de bois, les vaisseaux n'en seroient pas moins forts et seroient meilleurs a la voille. C'est le sentiment de beaucoup de maistres charpentiers que j'ay veu en Hollande, et qui connoissent la manie re de bastir de France pour y avoir travaillé pour le Roy et les Compagnies des Indes. .Je croy que voila ce que 1'on peut dire sur la matiere dont les vaisseaux sont bastis. Je passeray presentement a leur maniere de bastir pour faire voir la difference qu'il y a avec celle de France.

La première que j'y ay remarqué, c'est que pour 1'ordinaire en France on commance a poser les varangles immediatement après avoir dressé la quille. En Hollande, au contraire, ils commancent par le bordage et netaillent les varangles qu'après avoir posé jüsques a dix ou douze bordages. Ils scaveut la largeur qu'ils doivent donner a 1'avant, a 1'arriere et au milieu, et conduisent ainsi a 1'oeil le galbe de leur vaisseau, qu'ils tournent de quelle maniere ils veullent, a cause qu'ils ont la mesme facilité d'agir par le dedans comme par le dehors. Cela fait aussy que le bordage se joint bien mieux 1'un contre 1'autre 1). Et, quant aux varangles, ils les taillent ensuitte selon le gabary que le bordage leur donne, sans qu'ils soient obligez de faire aucune division pour la couppe. Ce que je trouve de plus avantageux dans cette methode, c'est qu'ils ont le loisir de considerer le galbe de leur bastiment, et qu'ils le peuvent changer, jusques a ce qu'ils n'y trouvent plus rien a redire, au lieu que, quand les varangles sont une fois posées, un charpentier qui ne voit que pour lors son ouvrage ne peut reconnóistre ses deffants que loraqu'il n'est plus temps de s'en dedire, ce qui me fait conclnrre que leur maniere de faire en ce point est la plus seure et la plus aisée, quoiqu'il semble que les regies dont se servent la pluspart de nos maistres charpentiers pour la coupe de leurs varangles soient plus certaines que 1'oeil, qui n'a de fondement que sur la pratiqne et 1'experience qu'il peut avoir acquise. .

En second lieu, j'ay remarqué qu'ils donnent a leurs vaisseaux bien plus de plattes. varangles qu'on n'en dopne a ceux de France, et qu'ils ne sont pas si coupez de 1'avant et de 1'arriere. Ils ont plusieurs raisons pour ce sujet, qui sont touttes bonnes a leur esgard, mais dont il,y en a quelques-unes qui n'auroient pas de lieu en France. La première ët qui est de. cette nature, c'est que, s'ils faisoient autrement, leurs vaisseaux ne pourroient jamais entrer dans leurs ports, qui n'ont pas

- -Iv-Hipr is inrrevnmrd opnn tepkoninir ffnl. 8 rectoV vertoonende od één blad:

1) Hier is ingevoegd eene teekening (fol. 8 recto), vertoonende op één blad: ^vaisseau commancé a la mode de France et d'Angleterre", en: „vaisseaucommancé u la mode d'Hollande".

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