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TWEEDE HOOFDSTUK. SOLEBAY, 7 JUNt 1672.

21. COLBERT DE CROISY AAN COLBERT, 16 Mei 1672').

. Monsieur le comte d'Estrées arrivast veudredy 13 de ce mois a dix heures du matin en cette rade avec tous les vaisseaux qu'il commande, a la reserve de VAlcion, qui est au Havre et que l'on attend de momens a autres. Je me rendis la nuict d'après en cette ville, et fus a son bord le lendemain a quatre heures du matin, oü je luy rendis la lettre de M. le duc d'Torck, que le Roy d'Angleterre m'avoit mis en main et qui portoit que, si les vents contenuoient a estre occidentaux, il se mit a la voile aussytost qu'il luy seroit possible, pour venir joindre la flotte Angloise aux Dunes, et sy au contraire ilz devenoient orientaux, il 1'attendist a Portsmouth, de sorte que, comme le vent continuoit pour lors a estre au Norwest, et que le roy d'Angleterre, qui, a mon depart de Londres, ne scavoit pas encores veritablement 1'arrivée de nostre flotte, m'avoit parlé d'une maniere, et milord Arlington aussy, a me faire croire qu'on 1'avoit destourné de la pensée qu'il avoit eu de voir nos vaisseaux, il prist la resolution d'appareiller le lendemain matin pour aller joindre M. le duc d'Yorck, auquel il en donnast advis dans le mesme temps, faisant estat de laisser icy le vaisseau le Sana-Pareil, qui avoit esté endommagé par un abordage en mouillant 1'ancre. Mais l'après disnée, le Roy d'Angleterre, que je n'attendois plus, arrivast, et le vent s'estant tourné au Nord-est, S. M. Brittannique dit a M. le comte d'Estrées, qui le vint saluer avec les principaux de ses capitaines, qu'il croyoit que la flotte Angloise arriveroit aujourd'huy, et que cependant il iroit voir ses vaisseaux. C'est ce qu'il a fait ce matin, et il y a esté salué a son arrivée de vingt-cinq coups de canon de chaque vaisseau, les uns a boulets et les autres sans boulets, et M. le comte d'Estrées ayant fait entendre a ceux de sa suite que lorsque S. M. Brittannique se retireroit, elle seroit salué de toute 1'artillerie, le Roy luy a dit qu'il vouloit qu'il espargna sa pourdre et qu'il lefist seulement saluer par les matelots comme les Anglois en usent, c'est a dire du chapeau avec trois grands cris. Ce qui a esté observé, et S. M. est retournée fort. satisfaite de la beauté et bonté des vaisseaux Francois, et mesme de la qualité des matelots et soldats, mais il m'a dit qu'il

1) A. E. Angleterre 105, fl. 118—119. — Uit Portsmouth.

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