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Roy d'Angleterre paye pour chacun. On m'escrit de Portsmouth que le maistre du navire pris par nn de nos vaisseaux 1'a fait arrester en vertu d'un ordre de 1'admirauté, en sorte qu'il faudra plaider icy pour cette affaire, et il en coustera plus en advocat et en frais de justice que la prise ne vaudra quand elle seroit declarée bonne, et comme elle appartient aux Espagnols en partye, ils trouveront icy plus de faveur que les Francois. C'est pourquoi, pour ne pas courir le risque d'estre condamné aux depens, je croirois qu'il faudroit s'accommoder avec le capitaine, ou mesme qu'il vous pleust envoier un ordre pour le relaschement dudit vaisseau, en sorte qu'il paroisse que cela se fait plustost par 1'authorité du Roy nostre maistre, que par celle de la cour d'admirauté d'Angleterre. Je dirai a M. de Vauvray de vous informer de toute cette affaire, n'en ayant pas assez de connoissance pour le pouvoir faire.

28. DE CANAPLES AAN COLBERT DE CROISSY, 31 Mei 1672

Quoique M. le comte d'Estrées vous informé ponctuellement des nouvelles de 1'armée navalle, je ne laisseray pas, Monsieur, de vous dire que nous avons esté sur le point de combattre les Hollandois. Nous les avons veus d'assez pres, et je vous assure que leur puissance est peu formidable, s'ils n'ont encore quelque corps de reserve pour s'opposer a cette flotte. Pour moy, je trouve que la mer n'est pas assés estendue pour nous contenir, et l'on peult dire que ce sont deux differentes beautés que de la voir a la rade et en pleine mer. Si j'estois mieux instruit des termes maritimes, je m'estendrois d'avantage sur toutes les choses qui se sont payées depuis vostre depart, mais je me contenteray seulement de vous faire cognoistre la maniere avec laquelle Son Altesse a conduit touttes choses. Si vous estes persuadé de sa bravoure, je m'imagine que vous le serés plus de sa conduitte, ne fesant pas une desmarche qui ne soit la plus sensée du monde, car, s'il avoit voulu escouter le conseil de beaucoup de gens, il auroit commencé un combat dont les suittes luy auroient esté funestes, par la quantité de bancs de sables oü les esmemis estoient postés; vous jugés bien que ses grands vaisseaux auroient mal passé leur temps, car, ne les pouvant combattre que deux heures au plus devant la nuit, le lendemain qu'il auroit falu recommencer, le vent ce changeant quasi en une tourmente, il ne se seroit jamais retiré des pieges de M. Ruiter. J'obmets d'autres circonstances par pure ignorance, pour vous dire, Monsieur, que les Prancois font merveille, tous les pillottes Anglois

1) B. N. — Mélanges de Colbert, 160, pp. 73—75. — Uit de vloot in Solebay. — Origineel.

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