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flotte, et principalement a la veue des ennemis, car assurement lenr flotte n'est rien en comparaison. J'ai le plaisir d'en v/oir la difference, car dimanche, comme nous estions assés prés, Son Altesse m'envoia a M. le Conté d'Estrées et a M. Duquesne, qui estoit a la teste de toute nostre flotte, oü je vous assure que je fus fort satisfait de voir la difference des deux flottes, car, estant a la teste proprement des deux flottes, la difference m'en parut tout a fait, quoiqu'ils ont fait apparence de nous vouloir combattre. Je suis le plus trompé du monde s'ils nous viennent chercher hors des sables, et la, je suis assuré qu'on ne les ira pas chercher. Je ne doubte point que vous n'en aurés de meilleures assurances que les miennes, c'est pourquoi je ne vous en dirai pas dadvantage. J'ose dire que si jamais commencement d'affaire a paru heureux en toutes choses, c'est celui que nous avons et du temps et de la jonction de tous nos vaisseaux, qui a toujours esté si heurense. Je ne doutte point que vous ne scaurés, par d'autres de la maniere que 1'escadre de France se comporte, qui est assurement au dela de ce qu'on pouvoit espérer. Je crois qu'une des plus grandes expressions que je le puis dire, c'est que tous nos malelots en sont fort contents et mesme surpris; vous scavés que ce n'est pas peu de chose. Je n'ai autre chose a vous dire, milord, mais qtfassurement, s'ils nous viennent chercher ici, vous en aurés un compte comme vous le pouvés souhaiter.

31. D'ESTRÉES AAN COLBERT, 1 Juni 1672').

Les difficultez qu'il y a icy a faire de l'eau pour tous les navires dans le peu de temps que M. le duc d'York a donné pour y travailler, m'ont obligé d'escrire incessamment a Londres pour les bastiments propres a nous en raporter veu la necessitté qu'il y a d'estre bien pourveus de touttes choses suivant les desseins de la campagne dont vous estes informé.

Quant a ce qui touche le transport des vivres de Dieppe et du Havre a Chatan, il est impossible qu'on puisse se servir des flustes qui sont a la suitte de 1'armée.

Et pour le destachement des vaisseaux, ayant parlé ce matin a M. le duc d'York, il m'a tesmoigné qu'il n'en faloit pas affoiblir 1'armée, ven 1'action et l'employ qu'elle doibt avoir, et qu'il suffiroit d'un vaisseau de quatorze pieces pour asseurer leur passage contre les corsaires hollandois. Mais, luy ayant representé de quelle consequence il seroit que ces vivres n'arrivassent pas aux vaisseaux, il est demeuré d'accord qu'il faloit destacher une fregate de trente-six pieces qui, les ayant escortez jusques au cap de Nord Forland, reviendroit joindre

1) B. N. — Mélanges de Colbert, 160, pp. 23—35. — „De la rade de Souls baye",

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