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disant qu'il y va de la gloire des deux couronnes de faire lesderniers efforts pour remporter au plustost uu avantage considérable sur les ennemis, et en cela je suis fort de son sentiment. II dit aussi que, quand il vous restera une ou deux petites frégattes qui croiseront dans la Manche et s'entendront avec les siennes pour la seureté des marchands, oela suffira, et vous considererés aussy que les mesmes vaisseaux que S. M. envoieroit a M. le comte d'Estrées pourront servir après la première occasion de combattre, a aller querir nos vivres a Dieppe et au Havre, et les escoster jusqu'a la flotte. Enfin, vous juges assés de quelle consequence il est de fortiffier incessamment nostre escadre, et j'espere que vous serés d'avis de faire toutes choses possibles pour cela et que vous presserés incessamment la levée de sept a huit eens matelots qui sont a present nécessaires pour remplacer les malades et blessèz qui je crois auront esté portez dans les ports de France, n'ayant pas appris qu'il en soit arrivé en Angleterre. Vous pourrez faire embarquer lesdits matelots sur les vaisseaux de gnerre que l'on vous demande, au cas que vous jngiez a propos de les envoyer. II vous plaira aussy faire partir les doublés chalouppes quy nous sont nécessaires contre les bruslots, et enfin je crois qu'il est besoin de faire connoistre dans cette occasion au Roy d'Angleterre que l'on se porte avec chaleur a le secourir, et que l'on n'espargne point la depense pour eet effect.

Je vous envoye la lettre1) que M.de Vauvré m'escrit de Chatan, oü il a laissé M. de Rabesnières fort blessé, et son vaisseau n'est point encore revenu, ce qui m'inquiète fort.

Les rapports que le S.r Sehmit, capitaine anglois, a fait a son retour, et quelques lettres qui sont venues de la flotte sont fort desavantageuses a 1'escadre de S. M., et presentement toute la cour et toute la ville sont persuadés que la pluspart de nos vaisseaux n'ont point combattu, et que les autres n'ont fait qu'escarmoucher contre quelques vaisseaux zelandois destachez pour les amuser. On dit mesme qu'ils n'ont fait que ce a quoy on se devoit attendre, et ceut autres sottises qui vont estre des semences de division, auxquelles il sera fort difficile de remedier, quoyque le Roy d'Angleterre et Milord Arlington y fassent tout leur possible. 11 y a mesmes eu des gens du conseil dudit Roy qui ont dit qu'il falloit qu'il fist la paix avec les Hollandois et qu'il se raccommodast avec son Parlement, en luy faisant quelque excuse sur ce qu'il a entrepris sans 1'assembler. Enfin, tout ce qu'il y a de gens contraires aux desseins du Roy d'Angleterre, qui sont en beaucoup plus grand nombre que les autres, triomphent, et le petit peuple crie fort contre les Francois.

En vous escrivant cecy, Milord Arlington est entré chez moy avec une contenance assez embarrassée et qui m'a fait d'abord juger de sa proposition, qui est que je scavois assez combien le Roy son maistre

1) Niet aangetroffen.

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