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s'estoit espuisé de finances et de credit dans 1'armement de sa flotte et qu'en effect il ne lui restoit a present aucnn moyen de la remettre en estat d'aller chercher les ennemis, a moins que je ne voulusse par mon credit luy faire trouyer jusques a 20.000 livres sterlins. Je luy ay dit qu'il ne m'en restoit pas deux pour le radoub de noste escadre, et que tout ce que je pouvois faire, ce seroit d'advertir le Roy et vous de leur nécessité par un courier expres. Mais après m'avoir fait connoistre qu'elle estoit trop pressante pour ne souffrir aucun delay, et sachant d'ailleurs l'extremité oü est a present ledit Roy a n'en pouvoir douter, je me suis resolu d'employer tont mon credit et d'envoyer chez tous les marchands francois pour trouver au moins jusques a 10.000 livres sterlins et au dela mesme si je puis. Ce n'est pas que je n'aye considéré le mal qui me pourroit arriver de faire cette advance sans l'ordre du Roy; mais, comme je pourrois bien ruiner entierement les affaires de S. M. en ce pays, si je ne donnois promptement ce secours, qui n'est qu'une advance sur ce qu'ells doibt payer au mois d'octobre, j'ay creu qu'elle ne le trouveroit pas mauvais. Si vous estes de mesme sentiment que moy, j'espere que vous voudrés bien ordonner a M. Formont d'escrire au S.' Carbonnel de. faire en sorte d'achever cettj partie au plustost.

Je rouvre ma lettre pour vous dire que M. de Blanquefort vient d'arriver, qui a apporté au Roy des lettres de M. le Duc, qui est reutré avec toute la flotte dans Tamise, et m'a dit que le vaisseau de M. de Rabenières est a present a Schernesse en toute seureté. Mondit Sr. de Blanquefort a dit tout haut au Roy que 1'escadre de France avoit fait des nierveilles et que, sy quelqu'un avoit dit le contraire, M. le Duc seroit le premier a 1'en dementir. Le Roy a fort appnyé ce qu'a dit ledit S.r de Blanquefort, ce qui a bien mortiffié un Milord qui estoit 1'auteur de la calomnie, et il a approuvé aussy la proposition que j'ay fait que ceux qui nous blasment veuillent bien aller sur nos vaisseaux pour observer de quelle maniere on s'y gouvernera dans le premier combat, qu'on leur y feroit bonne chere, et qu'ils pouroient parler plus pertinemment a leur retour. J'espere que ces mesdisans se tairont doresnavant. Ledit Sr. de Blanquefort m'a dit que M. le Duc avoit envoyé a Calais une relation pour S. M. de ce qui s'est passé au combat et qne M. le comte d'Estrées avoit escrit par la mesme voye. Aussy il ne reste plus qu'a se radouber et a sa preparer pour ün autre combat. Je m'en vais demain avec le Roy d'Angleterre pour voir la flotte et visiter nos blessés, entr'autres M. de Rabenières et Desardens, qui sont fort blessés et qne j'assisteray autant qu'il me sera possible.

45. COLBERT DE CROISSY AAN LODEWIJK XIV, 16 Juni 1672 »). Sire. Je suis arrivé ici avec le Roy d'Angleterre, qui esperoit que

'0 A- E-> Angleterre 103, ff. 255 —256. — „A bord Ju Superbe, prés de Schernesse".

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