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qu'au fonds et S. M. Brittanique et tout Ie monde estoit persuaue que 1'escadre de France avoit trés bien fait son devoir, ayant occupé toute celle de Zelande beaucoup plus mombreuse pendant un jour entier et luy ayant causé beaucoup plus de dommage que nous n'en avous souffert; que, si quelqu'un des capitaines s'estoit plus signalé que les autres en combattant de plus prés, on n'en avoit pas plus mauvaise opinion des autres, puisque, n'ayans pas peu gagner Ie vent, il estoit a la liberté des ennemis de les approcher ou de s'en esloigner. Enfin, après d'autres semblables, discours, j'ay un peu appaisé sa colere, et il m'a dit toutes les raisons qu'il avoit eu de faire le jour du combat et le lendemain les manoeuvres dont on le blasmoit. II m'a mesmes fait voir les ordres qu'il avoit de retenir 1'ardeur des capitaines de son escadre. II s'est aussy plaint de ce que les frequents reviremens de bords que M. le vice-admiral avoit fait estoient cause que toute 1'escadre n'a voit pas peu suivre. Bref, il m'a fait connoistre qu'il avoit combattu lossqu'il falloit, et m'a persuadé qu'il avoit fait tout ce quy luy estoit possible en cette occasion aussi bien qu'en celle du lendemain. Mais, comme c'est une demonstration trés dificile a faire par lettre, je ne puis pas Pentreprendre, mais je vous puis dire seulement que je 1'ay mis dans une asses bonne assiette, a ce qu'il m'a paru. II m'a dit aussy que les capitaines de son escadre me viendroient voir aujourd'huy. Et je tascheray pareillement de faire cesser leur ressentiment, qu'on m'a dit estre si grand, qu'il y auroit a craindre des combatz particuliers et des querelles capables de faire un trés grand prejudice au service du Roy, si l'on n'y remedioit. Je donnerai tous mes soins aujourd'huy et demain tant a cette affaire qu'a ce qui regarde le racommodement de nos vaisseaux. Après quoy il faut de nécessité que je me rende a Londres pour voir ce que le roy d'Angleterre deliberera sur 1'arrivée des deux ambassadeurs d'Hollande quy y sont venus sans passeport, cette affaire estant encores de plus grande consequence pour les service du Roy que celle des radoubs, pour lesquels M. de Vauvre' fera son devoir après que j'aurai concerto ce qu'il y aura a faire. M. le vice-admiral vous informera de 16 milliers de poudre et autres munitions qui luy sont venus de Dunkerque et je ne doute point qu'il n'en recoive de jour a autre tant dudit lieu que du Havre; mais, outre celles la, dont il fait nn estat asseure', il juge qu'il en faut encores an moins 80 milliers, lesquels je ferai acheter a mon retour a Londres.

Vous aurés a present receu la relation que le Roy d'Angleterre a fait imprimer de ce qui s'est passé au dernier combat. Elle est assez succincte et ne donne pas a notre escadre toute la louange qu'elle auroit peu meriter. Mais je n'ay pas creü devoir faire une negociation pour obliger ceux quy 1'ont faite a en parler autrement. Je ne puis aussy rien adjonster a ce que je vous ay escrit cy-devant touchant les morts et blessez. Et quant aux personnes qui se sont signalés, je trouve les sentimens de

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