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appuy que V. A. a presentement; car la milice qu'elle commande n'est pas fort nombreuse, et sur la plus grande part de laquelle je croy même qu'elle n'ose pas se trop fier. Et pour ce qui regarde les Etats en general, V. A. est assez persuadée de leurs inclinations, et ils sont trop amoureux de leur autborité pour souffrir un Maitre, et 1'exemple de feu vostre pere suffit pour luy faire tout craindre de ce cöté-la, de sorte que le moindre accident ou malheur qui arrivera, est capable de ruiner V. A. sans aucune ressource. Toutes ces considerations et beaucoup d'autres devroient luy faire songer un peu plus meurement a son interest, et aux moyens dont elle se doit servir pour sa reputation, et celle de ces peuples qui ont mis leur. entiere confiance en luy; de sorte que je croy que V. A. est obligée en conscience de les preserver par une paix, en reconnoissance de la bonne volonté qu'ils luy ont témoignée, puisqu'elle ne les peut pas si bien deffendre par les armes, sans hazarder la ruine entiere de plus de cent mille families, et la pérte de la religion, et de tout le pais, dont V. A. sera, en quelque facon, responsable. Et pour son particulier, j'estirae qne le plus grand malheur qui luy peut arriver, c'est de survivre la perte de son état; et V. A. reconnoitra alors (mais trop tard) la faute qu elle aura commise d'avoir refusé un poste si avantageux, dont il aura cent mortifications, et cent repentirs par jour d'avoir contribué seul a son malheur, lorsqu'il estoit a la veille de se voir un des princes les plus heureux et les plus considerés de 1'Europe, en embrassant une paix dont en son particulier il tireroit de si grands avantages, et conserveroit a ses peuples la religion, levrs biens, leur liberté, et leur commerce, dont ils luy seroient a jamais redevables. J'espere que toutes ces considerations et eens autres que je ne mets pas sur le papier, pour ne m'éloigner pas de ce sujet, doivent luy faire songer tout de bon, que les conditions que les deux Roys demandent, pour rudes qu'elles soient, ne la doivent jamais faire balancer dans une chose si peu proportionnée; de sorte que j'ose espérer que dans une affaire de si haute consequence, comme est celle-cy, elle confirmera tout le monde dans la bonne opinion que l'on a déja conceue de sou jugement, qu'elle connoit bien son intérest et celuy de son estat, et qu'elle embrassera les propositions que le Roy a fait faire en dernier lieu par M. Romps, lesquelles si elle les examine de bien pres il trouvera qu'elles luy sont fort avantageuses; car par ces villes cautionnaires elle peut estre asseurée d'avoir tant de milice a luy, et avèc cela 1'appuy de 1'Angleterre, quy luy aidera a établir son authorité dans le pays et purger 1'état des personnes quy luy sont suspectes, et reformer sa milice, et la mettre sur un tel pié qu'elle voudra, et par ce moyen se rendra puissante et absolue au dedans, et formidable a- ses voisins au dehors, ce qu'elle ne peut faire que par une paix, et par 1'amitié et bonne correspondance qu'elle aura avec 1'Angleterre, laquelle estant bien establie

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