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je crus que je devois faire la mesme chose sur 1'arrière garde qui se trouva devant moy, pour tacher d'avoir faict avant le secours de l'escadre rouge, et mesme aller a eux s'il eust esté hesoin pour partager. en quelque facon avec les Auglois 1'honneur de la journée. J'ay esté bien aise de dire cecy pour justifier ma conduite, paree que on m'a voulu*accuser d'avoir trop engagé les choses plustot en sol dat qu'en capitaine, et pour revenir au commencement du combat, ayant appareillé sur les dix heures, pour avoir Ie jusant contre le vent que estoit d'Ouest et pouvoir mieux nous manier, les navires destachés s'estants tirés a la teste de l'armée, tout Ie reste appareilla peu après et se mit en bataille fort serrée, soit que l'escadre rouge du Prince Robert ne s'estendit pas assez comme il couroit le cap au Nord, ou que les bancs oü personne des Anglois ne connoissoit rien non plus que nous, 1'empescha de s'estendre.

II y a une chose a remarquer qu'au Conseil des Généraux qui se tint la veille, l'on ne demeura pas convaincu, ni du lieu oü estoit nostre armée ni celle des ennemis, quoyque nous eussions les tours de Bruges, Ostende, Blancbergue, et l'armée ennemie mouillée a nostre veue.

Nous marchames done aux ennemis avec le peu d'ordre qu'il nous fust possible, ma division a droite de celle du vice-admiral, dont quatre avoient esté destachés, sfavoir: Forant, Beaulieu, le marquis d'Amfreville, et la Vigerie, et un bruslot, de sorte qu'il ne me resta que le comte de Blenac, 1'un de mes seconds, le chevalier de Flacourt, et de Coux, de manière que nous n'estions que quatre avec lesquels j'arrivai sous le vent de toute l'armée et commencames le combat a la portée du mousquet; le marquis d'Amfreville avoit commencé le combat des destachés avec un Hollandois qui s'estoit halé au vent de son armée, mais comme le Hollandois vit que les autres navires destachés s'approchoient, il se mit dans sa ligne.

II est a remarquer que nous allions aux ennemis a toute voile hors les deux huniers et la mizaine, et les fonds de la grande voile parqués, paree que nous allions vent large sur eux, de manière que l'on fust bientöt joint; je fus assez heureux pour que les navires détachés de ma division me rejoignirent quelque tems après que j'eus commandé le combat. Outre ceux que j'ai nommé, St. Aubin et le chevalier de Sebeville se joignirent a nous. Deux pavillons au grand mast et un contre admiral avec environ vingt navires en tout se trouvèrent sous nostre escorte. Nous les fismes plier plus par nostre résolution que par nostre grand feu, paree que personne ne vonloit mettre en passé pour laisser passer 1'autre devant, ce qui nous empeschoit de tirer au commencement; a la fin je gaignai la teste comme meilleur voilier, le comte de Blenac mon second auprès de moi, et la pluspart des autres avoient une confusion par trop d'empressement, toutes voiles hors; nous fismes un feu considérable, de manière que tous les

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