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navires plaidereut vent large devant nous; tout alloit a un grand désordre pour les ennemis, nous en estions desja a la mousqueterie, quand j'appercus Ruither avec son escadre qui estoit au vent a nous; cela me fist retenir le vent. Ces deux admiraux, et ce contre admiral reprirent courage, et firent un grand feu, oü je fus désemparé de beaucoup de manoeuvre; le comte de Blenac fit force et me passa de 1'avant, ensnite duquel vinrent en file les autres navires qui estoient avec moi en me couvrant, mais comme je fus raccommodé en un bon quart d'heure, je revins a ma teste, et aux trois pavillons bollandois, oü nous recommencasmes un furieux combat, pendant lequel Ruither qui estoit au veut a veue, s'en vint au secours de son arrière-garde, ayant reviré et courant contre moi, luy courant au Sud, moi au Nord. Le vice-admiral de France qui couroit au Nord, s'appercut du dessein de Ruither, et avec ce qu'il avoit de navires auprès de luy passa tout juste au vent de Ruither, de manière que Mons.1 le comte d'Estrées eut abordé Ruither s'il n'eut arrivé; ils se passèrent a la longueur de la piqué, nostre vice-admiral 1'ayant fait plier; ensuite Gabaret qui ■est second de nostre vice-amiral s'estant trouvé avec un des seconds de Ruither a se disputer le vent, ils s'abordèrent, de manière qu'il est demeuré des prisoniers holandois chez Gabaret. J'étois loin de Mons.r le vice-amiral et de Gabaret, et je n'en parle que par ouï-dire.

Pendant ce tems-la Ruither m'aprochoit toujours et comme ja ne trouvois pas a propos de m'engager entre l'escadre qui estoit sous le vent a* moi, et Ruyter qui m'avoit gaigné le vent, je remis le cap au Sud. Les trois pavillons reprirent courage, ils me firent un trés grand feu dans le tems que je revirai. Mais je mesnageay si bien mes canons et ma mousqueterie, qu'ayant donné toute ma bordée d'un bord, je leur fis compter 1'autre bord pièce pour pièce et a la portée du pistolet. Je crns que son dessein estoit de couper nostre ligne, et qu'il m'aloit aborder si je ne lui faisois jour pour passer outre; quoique je fusse assés maltraitté, j'eusse fait la moitié du chemin pour 1'aborder, le craignant moins qu'un brnslot que je voyais derrière lui. Je fis cesser de tirer pour charger tous mes canons a doublé charge, ne pouvant me manier •paree que j'étois désemparé de toutes parts. II me prolongea a la portée du pistolet au vent, son beaupré pas plus avant que mon grand mats, oü je lui fis tirer une centaine de coups de canon a balie a deux testes; il commenca a mettre le vent sur son grand hunier a cnler, ce qui encouragea nos gens, de manière qu'il fut bien servi des pièces de canon qui le voyoient quand il arriva derrière moi. Dansce rencontre-la je fus trés bien servi de tous les navires francois. Le comte de Blenac mon second étoit devant; j'étois alors un rocher dans la mer, le moindre bruslot m'eut perdu, ne pouvant gouverner, mais je me trouvois couvert de sept ou huit navires de ma division, oü le chevalier de Flaconrt se trouva en tête; Beaulieu et Forant avec leurs gros

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