Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

ennemis qui estoit a 1'ancre a Deurloo qui est^Je passage par 5u on va a Middelbourg et a Flessingue.

Le soir M.r le Prince Robert apella les officiers généraux au Conseil et ils y résolurent de les attaquer le lendemain, mais comme il y a dans ces bancs une interdiction pour les grands navires et pour ceux qui sont fort primez, on en choisit 30, avec 8 brulots, pour les installer a un poste qu'ils occupoient, en cas qu'ils ne missent pas a la voile. Le vent fut si forcé quoyque favorable que bien loin d'apareiller pour faire cette expédition nous fusmes contraints de caller nos huniers et nos vergues. Cette tourmente dura jusques a la nuit du 6e au 7* qui est le mesme jour que M.r de Ruither vint nous attaquer a Solsbei. Je crois que le Prince Robert pour luy rendre la pareille fut fort aise de voir le vent doux et favorable; c'est pourquoy il fit le signal pour les navires détachés lesquels nous suivions de prés afin de les soustenir slis trouvoient de la résitance.

Mais contre la mauvaise opinion que les Anglois avoient des Hollandois, ils n'attendirent point a 1'ancre, et bien loin de se retirer ils sortirent et furent. rangés en bataille avant que nous eussions joints les vaisseaux destachés. Mons.r Poran qui monta le Grand, les commandoit; le More, YAquilon, ïeVaillant, Ylllmtre, YInvindble,YOriflamme,\e Conquérant, YApollon estoient de cette partie. Les capitaines qui montoient ces navires, impatiens de combattre les ennemis qui estoient a la voile et qui faisoient porter a 1'est nord est, ne nous attendirent point. Le marquis d'Amfreville commenca le combat.

Mons.» Tromp estoit a 1'avaut-garde, Mons-1 de Ruither au corps de bataille et Mons.' Banker a 1'arrière-garde; ils marchoient en bon ordre, et nous nous y serions mis sans les vaisseaux destachés. Je leur attribue une partie de nostre désordre et 1'autre au zèle indiscret de quelquesuns, lequel ne nous a pas esté peu glorieux dans la suitte, car les vaisseaux destachés ne prirent pas le poste qu'ils devoient garder ni ne joignirent que fort tard le chef de leur division; il yen eut mesme qui ne le virent point de toute la jourmée et qui combattirent oü ils se trouvèrent quand nous fusmes aux mains.

M.™ de Thiras, de Bethune et Louis Gabaret se rangèrent auprès du Prince Robert qui menoit 1'avant-garde. Ce Prince se loue fort de leur conduite et de leur bravoure: il ne se lasse point d'en parler. Le navire de M.r Tromp qui luy estoit opposé ayant manqué de virer, a cause qu'il estoit demasté de son petit hunier, fut forcé de faire vent arrière et son escadre aussy. Cette manoeuvre qui le separoit de sa flotte, sembloit nous annoncer la victoire, mais par je ne scais quelle fatalité il se tira d'affaires. M.r de Thiras, qui montoit le Conquérant, s'attacha a presser le costé au navire sur lequel estoit Tromp et le serra de si prés qu'il 1'auroit abordé si un coup de canon ne 1'eust emporté; on peut dire de luy ce que Virgile disoit autrefois de ses héros:

Sluiten