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Vitamque volunt pro laude paeisci. Les ocasions de lst guerre, Monsieur, sont périlleuses, mais la gloire qu'elle apporte a toujours passé parmi les braves pour une assez grande récompense. M. de Thiras n'en aura pas d'autres, il est fort regretté des Anglois et de tout le corps; c'estoit nn bon acteur, il me conservoit 60 pistoles et cela estant ainsy, je perds corps et bien.

M. le comte d'Estrées qui estoit au corps de bataille et tous nos chefs et capitaines ne virent de ce mouvement que la séparation de 1'avantgarde ennemie dans la Hotte, et en attendant que M. le prince Bobert nous én rendit bon compte, nous marchions droit a M. de Ruther qui ne nous attendoit pas, affin d'estendre sa ligne et de bien ranger en battaille sa flotte, a ce que plusieurs croyent; quelques-uns disent qu'il se hastoit pour tascher de joindre Tromp et donner de la jalousie au prince Robert qui le suivoit, et affin de nous gagner le vent.

M. des Ardens qui estoit a nostre avant-garde le conservoit en allant toujours a lui; Monsieur le vice-admiral suivoit en bon ordre, quand M. le marquis de Grancey, voyant que nostre avant-garde combattoit, se destacha avec quelques navires de sa division et arriva sur les paresseux de celle de M. de Ruther; il s'engagea mesme avec 1'arrière-garde des ennemis que le chevalier Spragg qui commande l'escadre bleue devoit combattre.

J'accuse d'abord nostre chef d'escadre d'imprüdence et detémérité, et néantmoins-je ne fus pas assez sage pour me retenir; et me laissant aller a mon penchant j'arrivay sur luy pour 1'aider a se defendre, car il trouva a qui parler, et ses forces n'estoient pas égales a celles des ennemis qui 1'auroient enveloppé, pris oü bruslé. Le moins qui lui pouvoit arriver estoit de s'eschouer.

Messieurs les chevalliers Sebeville, d'Ailly, et le S.r du Magnonne furent pas plus retenus que moy, ils voulurent prendre parti a ce oombat, et j'oze vous dire que nous aimions mieux estre accusés d'imprüdence que de timidité, en ne secourant pas un de nos pavillons. Sans mentir les ennemis plièrent devant nous, cinq firent vent arrière, par pure foiblesse, et a la présence d'un assez grand qui ne fit servir sa mizaine que quand nous fusmes proches de luy, tous les autres fuyoient, les uns en défendant et plusieurs sans conserver les apparences. Celui qui. avoit témoigné de la fierté nous salua, et il le fut aussi mais chaudement; il tarda tant a faire sa descharge que nous le soupconnions bruslot. .

Bankaert voyant le désordre de sa division revira pour rasseurer ses gens, et fut attaquer le marquis de Grancey qui soutint vertement le feu de son canon et luy fit sentir celuy de YOrgueilleux. Le combat fut chaud de part et d'autre, et si ledit Bankaert n'eust pas perdu le mat de son petit hunier il auroit esté opiniastre. Cet accident 1'obligea d'arriver; si deux capitaines de bruslots qui se trouvèrent

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