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voir ce qui eu seroit arrivé'. Mon coeur me dit que j'aurois pent-estre trouvé a bord de ce navire ennemi ou la mort ou la cornette que je cherche: elle doit estre le prix de la vertu ét la récompense des bonnes actions. M. Gabaret a fait dix ou douze prisonniers, parmi lesquels il y a un Anglois et deux Francois; les autres sönt Wallons et Hollandois.

Sérieusement les Francois ont mesprisé les périls et marche sur les bancs de sable avec autant de confiance que s'ils eussent esté en pleine mer; ne croyez-vous pas que ce soit un opéra que d'avoir louvoyé avec la Reine au travers de ces sables et de ses barres? Elle avoit 23 pieds d'eau, et elle a passé plus d'une fois a six brasses; la seule pensee m'éffraye. M. de Ruither avoit des seconds fermes et invincibles et contre lesquels c'est estre fou que de combattre.

Je vous vois d'icy iuipatient de savoir la fin de ceste bataille et la destinée de Grancey et des autres que se sont meslés avec les ennemis; pour satisfaire vostre curosité, je vous-dirai que chacun revira pour les forcer de gagner leur poste; quant a moi mon principal soin fust d'éviter M. de Ruither et sa suite: la mienne estoit trop petite pour oser parler a lui tête a tête.

L'Apollon que M. de Langeron montoit fut le premier qu'il rencontre sous le vent et arrivant sur son arrière il fit une décharge sur letter qui luy passoit au vent et fort proche. Le chevalier d'Ailly luy répondit de son mieux; cela sauva quelques coups a Langeron, il en fut quitte pour dix ou douze boulets dans son navire, et il rendit dix-huit pour trente-six, n'en ayant point de plus fort. Je fis larguer ma grande voile pour 1'attendre; M. de Ruitter a cause de la vieille connoissance mespargna, et ne fit point tirer sur le Glorieuz. Dès que je ne fus plus soubs son canon je revirai et Langeron aussy pour nous approcher de M. le comte d'Estrées qui venoit en défendant se rallier aux vaisseaux de sa division et nous fasciliter son approche. M. le prince Robert venoit aussi vers nous au vent de Tromp avec lequel il combattoit, cependant M. de Ruitter marchoit au corps de battaille avec peu de voiles pour attendre les navires de son avant-garde, en ayant fait revirer sur elle pour la secourir en cas qu'elle eüt besoin d'aide.

C'est icy mon cher Monsieur oü ma conduite fut régulière; j'étois a deux volées de canon et pent-estre moins de M. le Vice-admiral, et sous le vent qui estoit petit, et je voyois a mesme distance de mon vaisseau une frégate angloise nommée la Cambridge, désemparée de son grand hunier et de sa grande vergue, avec tout cela néantmoins le capitaine, qui estoit attaqué par les ennemis vigoureusement, témoignoit tant d'intrépidité qne je ne pouvois souffrir patiemment sa perte, que je croyois infaillible s'il n'estoit secouru; peu de gens s'empressoient pour le défendre et 1'assister, je n'en voulus pas grossir le nombre, et sans consulter personne je luy ènvoye ma chaloupe bien armée avec le S.' Jean Paul 1'Augier un de mes lieutenans pour la commander; il

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