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bien rangée en battaille, mais elie n'y demeura pas longtems, et le marquis de Graneey nostre chef d'escadre et qui commandoit nostre arrière-garde en fust la cause, car lassé de regarder le feu des autres, il se détacha avec quelques vaisseaux de sa division et arriva sur la queiie de celle de M.r de Ruther; il s'engagea mesme avec les vaisseaux de son arrière-garde.

Plusieurs capitaines trouvèrent a redire a ce mouvement et néantmoins la crainte qu'ils eurent de le voir pe'rir surmonta toutes les autres qui devoient les retenir. Le chevalier de Valbelle fist le premier ce que Tacite dit: miseere 86 forlunae voluit; il arriva sur le dit Marquis, et voulut prendre part a ce combat. Les chevaliers de Sebeville, d'Ailly et du Magnon ne furent ni plus sages, ni plus retenus que lui; ils arrivèrent aussy, et a les voir aller après avoir quitté leur poste, ils sembloient qu'ils aimoient mieux estre accuses d'imprüdence qne de timidité en ne secourant pas un de nos pavillons qui estoit engagé. Sourdis qui 1'estoit encore d'avantage ne se trouva pas mal de cette manoeuvre, elle 1'aida a se tirer d'affaires, et on ne put combattre plus vaillamment qu'il fit sans mentir. Ces chevaliers et quatre ou cinq petits navires de l'escadre bleue firent plier tous les vaisseaux ennemis qui se trouvèrent devant eux; cinq firent vent arrière par pure foiblesse et les autres fuyoient en dépendant. L'amiral de Flessingue qui estoit de 1'avant revira pour les rassurer et fust donnër sa bordée a VOrgueilleuz qui lui donna incontinent la sienne, vigoureusement et bien a propos. Le feu fut grand de part et d'autre; eet admiral fust demasté de son petit hunier, et un autre pavillon de son mats d'avant; on ne tiroit point a faux: tous les coups portoient, et heureusement pour ces M." il se trouva deux bruslots a leurs costés; en les voyant je crus que les feux de joye qui se font d'ordinaire après le gain d'une battaille, devanceroient la victoire. Mais M.r le marquis de Grancey qui envoya sa chaloupe au S.' de St. Michel ne pust le faire venir auprès de luy; le chevalier de Valbelle et M. de Coux eurent beau lui crier d'attendre et 1'asseurer qu'ils le mèneroient a bord d'un des navires dematés, il passa outre, aborda le chevalier de Sebeville, se fit dégréer, et brusla son vaisseau sans succès; on vient de me dire qu'il recut un coup de mousquet en s'enibarquant dans sa chaloupe, dont il est mort. La destinée de ses camarades n'a pas esté meilleure que la sienne, ils sont tous morts a la réserve d'un.

Cependant M.r de Ruther, qui n'avoii encore rien fait qu'aller de 1'avant, en veue de nous gagner le vent et pour donner de la jalousie au Prince Robert qni ponrsuivoit Tromp, soit qu'il eust peur des sables, comme plusieurs le veulent, soit qu'il voulut secourir son arrière-garde, comme bien des gens croyent, revira sur nous suivi de deux pavillons' et de 4 ou 5 grands vaisseaux.

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