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Cette manoeuvre nous surprit, et j'avoue que j'en fus estonné car je ne pouvois me figuer qu'il laissa Tromp exposé au Prince Robert qui estoit beaucoup plus fort et au vent. Ce mouvement obligea ceux qui poussoient la queue de sa division et une partie de son arrièregarde a revirer pour tascher de lui passer au vent. Mais le Fier que monte le clievallier d'Ailly fust le seul des navires qui s'estoit meslé qui prist eet advantage sur luy; il en reent en passant de bons coups de canon, et il lui- en donna aussy de toute sa force.

La Reyne n'avoit alors de sa division que le Tonnant a son devant, et a trois cables de distance soubs le vent. C'estoit une chose assez belle a voir que de regarder ces deux navires qui alloient affronter 1'amiral d'Holande suivi de deux pavillons et de 4 ou 5 grands vaisseaux. Les premiers des nostres que trouva M.r Ruther sont le Sanspareil et le Terrible; il pouvoit passer au vent de celuy-cy, mais il arriva et luy donna sa bordée; M.r des Ardens luy répondit de toute la sienne. Après cela M.r Ruther tesmoigna quelque envie de passer au vent de nostre admiral, mais il n'oza la contenter et prenant conseil de la mine et de la contenance du comte d'Estrées, qui 1'auroit plustot abordé que d'arriver, il arriva, et passa mesme soubzleventde M.de Preuilly qu'il salua. Le Tonnant qu'il monte fust dégréé et fort maltraité, mais il fit aussy beaucoup de mal a eet admiral, qui ne laissa pourtant pas de se rallier au vent et de soutfrir vergue a vergue le feu du canon et du mousquet de la Reyne, qui fust insolent, auquel il ne répondit pas comme nous croyions; son vice-admiral passa entre le nostre et le Tonnant, mais fort viste et sans s'amuser, car il y chauffoit bien M.r Gabaret qui venoit derrière la Reyne, et qui estoit soubz le vent, évita M.r Ruther en arrivant sur un de ces seconds, qu'il ne vouloit pas aborder, et que la fortune luy ameua a bord, mais au lieu de profiter de eet heureux abordnge, il n'a pas pris, ni bruslé, ni coulé bas le dit vaisseau, et a mon avis 1'un des trois ne luy estoit pas difficile s'il eust secondé et appuyé Ie chevalier de Léry et Mr. de Chabossière ses lieutenants. II ne se peut rien faire de plus hardi que ce que ces officiers ont fait; ils sautèrent suivis seulement de 5 ou 6 hommes dans ce navire, Ie pistolet a la ceinture et 1'espée a la main. Léry donna la sienne dans le ventre dn lieutenant qui ne laissa pas de se jetter sur luy, et de le renverser sur Ie tillac, oü il 1'auroit peut-estre estranglé, sans M.r de Rivaux volontaire qui le tua d'un coup de pistolet dans la teste.

M.r de Chabossière après avoir receu deux coups de pistolet se retira dans le Foudroyant et dit a M.r Gabaret que pour se rendre maistre du navire, il falloit envoyer du monde au chevalier de Léry; que 15 ou 20 Hollandois estoient retranchés dans la chambre, et que les autres avoient abaudonné ie tillac, mais M.r Gabaret fist déborder et se contenta de dix ou douze prisonniers, que le chevalier de Léry avoit

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