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comme un imposteur celuy qui m'avoit fait cette belle confidence. En effect, quand j'y aurois adjousté quelque croyance, ledit Roy m'en auroit fort désabnsé par la raillerie qu'il a fait dudit Prince, me disant qu'il n'avoit que trop de peyne a faire la paix avec luy, et qu'ainsiil estoit bien esloigné de luy donner pouvoir de la faire avec les ennemis. Il m'a dit ensuitte toutes'les difficultés qu'il avoit eu avec ce Prince pour 1'obliger a se charger de la conduite des troupes, et qu'enfin pour luy oster tout 1'embarras qu'il aprehendoit d'en recevoir dans un combat de mer, il estoit convenu que les vaisseaux sur lesquels elles sont chargez partiroient en mesme temps que l'armée navalle, et qu'elles s'en sépareroient en plaene mer pour aller débarquer a Jarmuth et y demeurer dans une presqu'isle d'oü les soldats ne pourroient pas déserter, et qu'aussitost qu'on auroit remporté quelque advantage considérable sur la flotte ennemie, on pourroit en douze heures de tems les rembarquer pour faire une descente. Ledit Roy espère de ce projet que, comme Bernardo de Salinas, qui a veu partir la flotte avec toutes les troupes de terre, est persuadé comme toute 1'Angleterre qu'elles vont faire une descente, que d'ailleurs les ennemis ne voyant point venir ladite armée navalle vers le Schonnevelt oü ils sont a présent, et apprenans au contraire qu'elle prend sa route vers le Texel, appréhenderont qu'elle n'y fasse une descente ou qu'elle ne prenne la flotte des Indes Orientales, que l'on attend de jour a autre, et qu'ils seront forcez de quitter leurs sables et donneront moyen au Prince Bobert de les combattre avec advantage.

Voila, Sire, tout ce que j'ay peu apprendre des désseins dudit Roy, tant pour la guerre que pour la paix. II me reste a rendre compte a V. M. de 1'entretien que j'ay eu avec le duc de Bouquinquam, qui a véritablement trés bien receu les asseurances que je luy ay donné de la continuation de 1'affection de V. M., et m'a fort protesté que celle qu'il a pour vos intérêsts estant fondée sur une trés haute vénération et un profond respect pour vostre personne, et sur la connoissance qu'il a pris par luy-mesme des admirables qualités de V. M., il n'estoit pas capable de jamais changer II m'a fort soustenu aussi qu'il n'estoit pas vray qu'il eust eu des conférences avec Fonseca. Mais j'advoue que sa contenance et le changement de son visage ni'ont donné lieu de croire ce qu'on en a dit en ma présence au Roy son maistre. II m'a advoué ensuitte qu'il n'avoit pas sujet d'estre content, qu'il sembloit que V. M. et le Roy son maistre fussent de concert pour luy donner toute sorte de mortiffieations, que dans le traité qu'il avoit fait avec V. M., il ne s'estoit point proposé de plus grand intérêst pour luy que d'acquérir 1'estime de V. M. en commandant un corps dé troupes anglois dans ses armées; que eet employ luy ayant esté osté par 1'artifice de ses ennemis, et voyant que 1'Angleterre, ne tirant aucun profit de cette guerre, se sépareroit bientost des intérêsts de

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