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V. M., il avoit cru devoir re'chauffer ceux qui sont touchez de la gloire de la nation par le succez de quelque entreprise conside'rable. Qu'il avoit proposé pour eet effect au Roy son maistre la levée d'un grand corps de troupes et une descente dans le Zuyderzée, vers Enchuse, Horn et Medemblic, oü il scavoit par des advis trés fidéle qu'il n'y avoit aucunes troupes, et que, l'armée navalle tenant la mer en estat de s'opposer a celle des ennemys, il seroit facile aux vaisseaux sur lesquels les troupes seroient etubarquées et aux frégattes qui les escorteroient de venir faire leur descente; qu'une des snsdites places prises, rien n'auroit pu empescher que ledit corps de troupes ne se maintint et ne trouvast sa subsistance dans cette presqu'isle que ladite mer formé en eet endroit; que mesme elle pourroit estre appuyée en cas de besoin des troupes de V, M. Qu'aussy le Roy son maistre avoit trouvé sa proposition si bonne et si faisable qu'il y avoit donné les mains et luy avoit en mesme temps accordé le commandement général desdites troupes sous M. le duc d'York; que ses ennemys avoient fait tant d'intrigues et de menées en son absence, qu'ils avoient fait venir M. de Schomberg, changé le premier dessein en une descente d'un fort petit corps de troupes vers la coste de Nortolande, en un lieu qui est appellé dans la carte le Helder prez de 1'isle du Texel, oü il n'est pas possible de faire subsister un corps de troupes, en sorte qu'il ne faut espérer que 1'Angleterre tire aucun avantage de cette entreprise. Qu'il voyoit bisn aussi que le Roy son maistre et quelques-uns de ses ministres estoient portez a faire une paix peu honorable; que pour lui il ne pouvoit pas estre de eet advis, et qu'il valoitbien mieux continuer la guerre et prendre de bonnes mesures pour la rendre utile a 1'Angleterre, sans quoy il ne falloit pas espérer que l'on peut maintenir dans le parlement prochain 1'alliance avec V. M.

Je luy ay dit que V. M. ne souhaittoit rien plus passionnément que de procurer les avantages du Roy Angleterre et de sa couronne, mesme par la geurre sy on ne les pouvoit pas obtenir par la paix, mais que, sy le changement de M. le duc d'York pouvoit exciter des troubles dans le royaume et empescher que le parlement ne donnast au Roy les moyens de continuer la guerre, je croiois qu'il estoit de sa prudence de la finir par une bonne paix; et que, quelque resolution qu'il prist, V. M. me tesmoignoit s'y vonloir confprmer. Quant aux plaintes qu'il m'a faites, je luy ay fait connoistre que 1'amitié que V. M a pour le Roy d'Angleterre ne luy avoit pu permettre de refuser ny la descharge du corps de troupes qu'il estoit obligé par le traité d'entretenir, ny 1'envoy de M. le duc de Schomberg, mais que si, dans la continuation de la guerre ou par le traité que le Roy son maistre ou mesme luy duc de Bouquinkam proposent de faire après la paix avec V. M. pour une plus estroite union, il y avoit lieu de procurer ses advantages, en quoy je luy fis envisager le commandement d'un corps

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