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mettre a la voile et de courir jour et nuict bord sur bord, ee qu'il cessa de faire le 19e aoust qu'il mouilla a demie lieue de l'armée afin de prendre deux cables et une ancre qui ne luy firent pas en voyés comme il luy avoit esté promis.

^ Le dimanche 20e aoust les Hollondois qui sans doute avoient esté réveillés par les prises faites sur eux, appréhendèrent que le reste de leur flotte ne tombast entre nos mains, et parurent avec environ 110 voiles du costé de terre, faisant route au Texel, essayant de gagner une partie du vent qne nostre armée avoit lors entièrement sur eux, M.' de Martel qui le matin avoit mis a la voile continuoitcomme les jours passés faute d'ancre de courir bord sur bord, mais sur les trois heures après-midy se trouvant au milieu des deux armées et voyant qu'un vice-admiral avec deux autres vaisseaux hollandois avoient esté déteehés pour empescher qu'il ne rejoignit les vaisseaux de sa division, il fit lors force de voiles, et bien que ces trois navires en fissent de mesme. II se conserva toujours le vent sur eux, et leur fist tirer deux coups de canon a balie, après quoy ils se retirèrent. En ce moment-la Monsieur le Prince Bobert, qui voyoit la journée fort avancée et en vouloit une entière pour rendre une bataille décisive, envoya ordre a M. de Martel de ne point commencer le combat et de se retirer a son poste, ce qu'il fit avant soleil couché.

Le lundi 21« aoust a la pointe du jour nous reeonnümes que 1 armee de Hollande qui avoit demeuré comme nous a la voile avoit le vent sur nous paree qu'il s'estoit changé pendant la nuict. Les ennemis ne voulant pas en perdre 1'advantage on les vit a la pointe du jour venir combattre, divisant comme nous leur armée en trois escadres. Comme M. d'Estrées qui avoit 1'avant-garde poupouvoit gagner leur vent ils détachèrent un vice-admiral de Zélande avec huict autres gros vaisseaux et deux bruslots pour amuser toute 1 escadre de France. Monsieur de Martel dont le vaisseau se trouva de la portée d'un canon plus prés de ce destachement que pas un de ceux de sa division, fut attaqué par cinq navires et un bruslot dont il soutint seul toute la charge pendant trois heures sans estre aucunement secouru, et fit une si vigoureuse résistance qu'ayantmis un des vaisseaux hors de combat les autres furent obhgés de se retirer avec loy poor 1'escorter et le secourir; mais ce fut inutilement, earle teu sy estant mis par quelques balles d'artifice que nous luy tirasmes dans son désordre il ne put y rémedier et alla brusler a noste veue.

Lette retraite nous donna du relasche pour raccomoder nos manoeuvres dont les pnncipales avoient esté coupées pendant le combat, ce qui estant fait avec toute la deligence possible nous courusmes vers le vice-admiral ennemi en dessein de 1'aborder, mais il ne nous attendit pas, et ayma mieux prendre le parti d'arriver vent arrière et de passer au travers de toute la division de M.' d'Estrées, ce qu'il fit heu-

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