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II est bon de scavoir qu'on estoit tombé d'accord dans le conseil de guerre qn'en cas que les ennemis eussent le vent sur nons, 1'avant-garde coureroit de 1'avant pour revirer et gaigner le vent aux ennemis, et qne cependant les deux autres escadres tiendroient le lof et soustiendroient le choc L'avant-garde courut de 1'avant selon ce qui avoit esté arresté, a 1'exception de M. de Martel qui fit une fausse manoeuvre en revirant, qui ne fut pas suivy en ce qu'il estoit aise' a juger qu'il ne pouvoit gaigner le vent. Quand il fut a la demie portée du canon il mit a 1'autre bord et se content, a de canonner. Le chevalier de Tour ville second vaisseau de 1'avant-garde ayant couru de 1'avant revira si a propos qu'il le gaigna aux ennemis, et mit une flame rouge a la vergue d'artimont et fut suivi par les S.™ Pannetier, Louis Gabaret et S.' Aubin.

Dans ce tems-la le vice admiral de France prit la résolution de percer les ennemis pour aller ensuite dégager M. le Prince Robert ce qu'il fit avec beaucoup de succès, ne pouvant pourtant pas passer au vent du vice admiral de Zélande qüi arriva de bonne grace, accompagnant trois bruslots lesquels furent coulés a fonds oü bruslés sans effet. II y eu eut un qui brusla sous le beaupré du vice admiral de France qui passa au vent de trois ou quatre vaisseaux et se battit ainsy des deux bords a la portée du pistollet, et eut 36 hommes tués ou blessés et ses attachés, devisses, bras, gallobans couppés et son grand hunier et tous ses mats blessés. M. de Martel qui estoit naturellement au vent, au lieu d'arriver sur le vice admiral de Zélande qui n'eust jamais peu s'en sauver, courut un grand bord a la mer. Le S.r de Langeron s'estant trouvé au vent fit des merveilles, et fist tout ce qu'il penst pour en aborder quelques-uns, mais les ennemis ne voulurent pas 1'attendre. Dans ce temps-la M. d'Estival, les chevaliers de Sepville et d'Ailly soutinrent un fort grand choq; l'admiral Banker avec une partie de son escadre n'osa les aborder, et se contenta d'arriver dans leurs eaux. Le S.r d'Estival et 1'enseigne du chevalier d'Ailly furent tués dans ce rude choq. Le S.r Desardents qui estoit de 1'arrière dans son poste avec sa division fit fort bien son devoir et perca les ennemis dans 1'endroit oü il estoit, et mena le bruslot commandé par le capitaine Guillotin sur un vaisseau des ennemis, mais ce bruslot estoit si fort, qu'en abordant le vaisseau par les haubans de uiissène au lieu de le prolonger il recula: cela fut cause que le vaisseau ennemy n'eut que les voilles d'avant noircies. II estoit entre onze heures et midy quand l'escadre blanche gaigna le vent a celle de Zélande qui fist vent arrière toutte voiles hors, sans la pouvoir joindre qu'a sept heures du soir qu'elle s'estoit ralliée a celle de M." Ruiter et Tromp qui a la veue de l'escadre de France cessèrent de poursuivre M.r le Prince Robert et l'escadre bleue qui estoit sous le vent, se contentant de les canonner par quelques vaisseaux qui se destachoient du gros.

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