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commande le Sanspareil, qui est le second vaisseau de 1'avant-garde, revira aussi sur les ennemis, et fut suivi des S.rs Panetier et Louis Gabaret, quy commaudent les vaisseaux appelles le Precieux et VAquilon, mais ils ne purent encores gaigner le vent.

Monsieur le Comte d'Estrées, vice admiral de France, voyant que la division du contre-admiral quy estoit de 1'avant n'avoit pu prendre aucun avantage sur les ennemis, se resolut de les percer affin de leur gaigner le vent, et d'aller ensuitte secourir M. le Prince Robert. En effect, il perca leur ligne entre unze heures et midy, et se mit au vent de tous leurs vaisseaux, a la réserve du .vice-admiral Banker quy luy passa au vent a la portée du pistolet, et tous les autres sous le vent a la mesme distance. Les bruslotz dudit vice-admiral firent tout ce qu'ils purent pour brusler le vaisseau dudit S.r Comte d'Estrées nommé la Reyne. II y en eut mesme un qui brusla sous son mats de beaupré, et un autre qu'il coula a fonds de son canon, et enfin, après avoir essuié le feu des ennemis des deux costés, et les avoir aussy canonés incessamment des deux bords et de tout le feu de sa mousqueterie, avec perte de trente-six hommes de son vaisseau fort désemparé, il gaigna le vent, tandis que les S." de Prenilly, de Gabaret, et beaucoup d'autres capitaines firent tout ce qu'ils purent pour aborder les vaisseaux ennemis qu'ils avoient en teste, et qui ne voulurent jamais les attendre. D'antre costé les S." d'Estival, chevalier d'Ailly, de Sepville, commandants les vaisseaux Vlnvincible, le Fier et VAimable. Le premier attendit Banker, qui n'osa 1'aborder, mais après avoir donné toutes les marqués de son courage et de sa fermeté, il fut tué d'un coup de canon pendant ce rude chocq, après lequel l'escadre blanche se ralia et poursuivit les ennemis vent arrière toutes voiles dehors jusqu'a sept heures et demye du soir, qu'elle trouva cinquante vaisseaux desdits ennemis quy s'estoient rallies ensemble et quy n'osoient plus arriver sur l'escadre du Prince a cause que l'escadre blanche avoit le vent sur eux, et qu'elle n'attendoit plus que les ordres dudit Prince pour exécuter tout ce qu'il avoit jugé a propos, le Comte d'Estrées ayant cru qu'il falloit conserver 1'avantage du vent pour recommencer le combat le lendemain, estant desja trop tard pour engager un combat sans un orde exprès dudit Prince.

214. COLBERT DE CROISSY AAN COLBERT, 4 Sept. 1673!).

J'ay enfin obtenu les ordres que j'ai demandés pour les gouverneurs des places que le Roy d'Angleterre possède dans les Indes orientales; mais, comme c'est la Compagnie des Indes qui establit lesdits gouverneurs, sans que S. M. Britannique s'en mesle en aucune facon, Mylord Arlington m'a asseuré que ceux que je vous envoye sont suffisans, et

1) A. E., Angleterre 110, f. 74. — Uit Londen.

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