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le vent de M.r le prince Robert, mit un pavillon bleu marqué dans les signaux généraux pour arriver et attaquer les ennemis. M.r d'Estrées continua de tenir le vent sans faire nul coup d'attaquer les ennemis. Sur le soleil couché il envoya le major a M.r le prince Robert, et passa proche de moy me demandant en quel estat j'estois du combat que j'avois fait; nous nous sommes sépar.ez cette nuit-la des ennemis, voila la vérité. M.r d'Estrées a deshonoré la nation ayant fait autant de mal qu'il pouvoit. Les Anglois pestent avec une grande raison contre luy ; il cherche tous les moyens de s'excuser; il a fait des relations qui se trouveront sy fausses que cela luy fera tort. II a pris tous les devans, envoyant son secrétaire a 1'inscu de tout le monde. J'ay escrit au Roy et a M.r Colbert la vérité de tout. II est vray que les Anglois ont fait tout ce qui se peut faire, et ont juste sujet de n'estre pas content de M.r d'Estrées. Tout roulle sur luy, car les capitaines auroient fait leur devoir s'il les y avoit menés; je le veux croire, si l'on veut faire réflexion sur tout ces combats que l'on a rendus. M.r d'Estrées n'a jamais fait aucune action de vigueur cette campagne. S'il avoit voulu au premier combat, il auroit abordé Ruyter et 1'auroit pris, estant trés maltraitté; c'a esté luy quy 1'a fait perdre a tous cespauvres capitaines de bruslots, leur ayant fait le signal trop tost. L'an passé ce qu'il a fait a Duquesne crie vangeance devant Dieu. Enfin il a sy bien pris ses partis qu'il n'a jamais voulu s'engager a faire aucune attaque; l'on peut dire avec vérité que c'est un pauvre homme fort desservy parmy les Anglois. Je'ne crois pas qu'il veuillent aller a la guerre avec luy, n'y ayant nulle créance.

216. D'ESTRÉES AAN COLBERT, 7J3ept 16731).

Monsieur. II n'est pas nécessaire de repeter les choses que je viens d'apprendre présentement par les lettres de Monsieur 1'Ambassadeur et du major des vaisseaux de S. M„ puisque vous en estes, Monsieur, aussy bien informé que moy, et j'adjouteray seulement a ce qui est contenu dans le mémoire, qu'ayant receu hier le doublé de la lettre escripte a Monsieur Martel, que j'ay eu 1'honneur de vous renvoyer avec une des vostres du 19, j'ay creu qu'il ne faloit pas différer a la luy donner maintenant, affin de le retenir et 1'empescher de faire de fausses demarches, s'il ne les a pas désja faittes.

II est bien important que le Roy et vous, Monsieur, soyez bien informés de toutes choses, affin de connoistre précisément la vérité et démesler les fautes de chacun, et les miennes comme celles des autres, car, n ayant que de bonnes intentions et beaucoup de zèle, j'aime

i) B. N., Mélanges de Colbert 165W», ff. 572-573. - „A. la bouée du Gonflet".

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