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222. SEIGNELAY AAN COLBERT DE CROISSY, 17 Sept. 1673 i).

J'ay receu aujourd'hui par le courrier de M. de Pomponue vostre lettre du 11 de ce mois, et j'ay aussytost rendu compte au Roy de ce qui y estoit contenu.

S. M. a 'esté fort surprise de la relation de M. de Martel que je luy ay leüe, et pour empescher les suittes de tous les discours qu'il a tenus, si contraires a la gloire de ses armes, et si préjudiciables au bien de son service, elle luy donne ordre de venir en France rendre compte de ses actions, et aussytost qu'il sera arrivé a Paris elle le fera mettre a la Bastille. Cependant S. M. est convenue que cette relation qu'il a publiée a fait a présent tout le mauvais effet qu'elle a pu faire, et que s'il n'y est promptement remedie on doit en attendre des suittes fascheuses; c'est pourquoy elle m'ordonne de vous envoyer ce courrier exprès pour vous informer de ses intentions a ce sujet.

S. M. a esté fort satisfaite de la conduite que vous avez tenue jusques a présent, et vous avez fort bien fait de ne pas partir de Londres pour aller a la flotte, n'estant pas question a présent du raccomodement de M.r de Martel et de M.r le Comte d'Estrées, mais bien de demeurer auprès du Roy d'Angleterre pour refuter toutes les calomnies qui ont esté répandues contre l'escadre des vaisseaux de S. M., justiffier la conduite dudit Sieur d'Estrées, et faire connoitre la malice et le peu de fondement des rapports que M.1 le Prince Robert en a fait; c'est a quoy vous devez travailler avec la mesme application que vous avez fait jusques a présent, et comme il n'y a rien de plus important que de faire voir clair au Roy d'Angleterre dans cette affaire et de désabuser les Anglois de la mauvaise opinion qu'ils ont de 1'action de la flotte de S. M. dans la dernière occasion, en leur faisant connoistre que si le succès n'a pas esté aussy heureux qu'on auroit pu souhaiter il doit estre imputé au Prince Robert et non a l'escadre de France, S. M. veut que vous vous serviez de tous les moyens possibles pour parvenir a cette fin sans en venir cependant a 1'extrémité de demander au Roy d'Angleterre des commissaires pour informer de ce qui s'est passé qu'après que vous aurez counu que tous les autres moyens dont vous vous serez servis n'auront pas assez pleinement justiffié ce qui s'est passé de la part des Francois en cette occasion.

En cas que vous estimeriez nécessaire de demander des commissaires, S. M. approuve que cette demande vienne de la part de M. le Comte d'Estrées, et elle m'ordonne de luy escrire de se conduire en cela selon ce que vous jugerez a propos. Mais vous devez faire tous vos efforts pour obtenir qu'ils ne soient pas suspects, et qu'ils soient s'il est possible dans les intérests de M.r le Duc d'Yorck.

1) A. N., Marine B* 22. — Uit Nancy.

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