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et du coup de vent après nostre jonction s'est escartée hors de veue en sorte que n'ay peu depescher en France dans ce temps-la et depuis les temps ne 1'ont pas permis, je continue, Monseigneur, de vous informer de ce qui s'est fait après nostre jonction. La mesme nuit les ennemis ayant descquvert nos feux s'aprochèrent de nous, mais a la pointe du jour ayant reconuu nostre jonction ils se retirèrent au vent en bon ordre, les Espagnols joints aux Hollandois au nombre en tout de 44 voiles, 1'amiral d'Espagne fesant 1'avant-garde et Reutre nous parut fort prés de 1'arrière-garde. Dans les ordres de bataille que je donnay depuis nostre jonction je me réservay par un signal de faire aussy 1'avant-garde afin de respondre mieux de la conduite de la teste de l'armée du Roy.

Je vous avoueray icy, Monseigneur, que les officiers et capitaines qui n'ont servy qu'ès mers de Levant ne sont pas intelligens a 1'observation des ordres et signaux de marche de bataille comme il se doit, faute de 1'avoir exercé, et mesme pour n'avoir pas cette expérience ils ont peine de 1'approuver, ce que nous recognoissons estre aux Hollandois 1'avantage qu'ils ont sur nous de naviguer presque en tout temps notamment en presence de leurs ennemis jour et nuit en bataille; ainsy il évitent les abordages entre eux, ce quoy l'on est trop sujet parmy les vaisseaux du Roy. Sy S. M- me fait 1'honneur de me continuer le commandement dans ses armées, je suis obligé de luy demander une forte protection pour réduire ces officiers et capitaines a 1'exacte observation de eet exercice de marine, et mesme quand il eschera d'estre en mer 1'hyver en présence des ennemis, d'avoir agréable que j'indique les vaisseaux et les capitaines propres a tels services qui seront d'autant plus agréables a S. M., car souvent peu de vaisseaux mesme un seul qui sera meschant de bouline obligera une armée a perdre 1'avantage du vent oü de 1'abandonner. Et quoyque dans le grand nombre des vaisseaux du Roy il ne se pent esviter qu'il n'y en ait de moins bons a la voile les uns que les autres, ils ne seront pourtant pas inutiles sy on les employé a ce quoy ils seront propres.

L'armée des ennemis se vit tout le lendemain se tenaut fort au vent de nous et la nuit revirèrent entre leurs isles hors de nostre veüe, et nous tinmes sur les bords au dehors des isles tant pour couvrir nos deux vaisseaux désemparés, le Joly et FAppoUon, et empescher qu'ils ne tombassent ès mains des ennemis, que pour attendre un vent frais et favorable pour donner dans le fare. Cependant ayant sceu que plusieurs des vaisseaux qui avoient esté combattus n'avoyent plus de poudre ny de boulets que pour un combat de six heures, j'assemblay les officiers généraux et en suite tous les capitaines, et après avoir oxamiué la conduite de l'armée ennemie depuis cinq jours qu'elle se gardoit dans leurs isles et rades de Melasse afin de nous attendre au deffilé •du fare et nous attirer a leur avantage, eux ayant des gallères, et nous obliger a f^re plusieurs combats sans décision ce qui pourroit enfin

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