Geen zoekvraag opgegeven

Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

faute de poudre nous contraindre de nous retirer sans aller a Messine qui auroit esté sans donte sa perte, il fut résolu que du premier temps favorable nous ferions route par le sud pour nous faire voir a Messine. Aussytost 'je depeschay une falouque avec beaucoup de risque pour aller a Messine donner avis a M.r le duc de Vivonne de cette résolution prise le 15% qui a réussy des mieux," car les vents favorables nous ont servy, en sorte que nous avous paru le 20e a Messine oü je dépeschay mon neveu pour rendre les paquets a M. de Vivonne et aM.' du Terron, qui n'enrent jamais tant de joye, ny les peuples bien intentionnés, que de nous voir, et ensuite en ayant eu les ordres nous entrames dans le port le 22 oü nous trouvames le vaisseau VAppollon qui heureusement avoit passé le fare pendant que nous avions occupé l'armée des ennemis et s'estoit retirée icy, sur quoy les Espagnols vouloyent faire croire que c'étoit le seul reschapé du combat.

Depuis par la correspondance que l'on a a Melasse l'on apprend toute autre nouvelle du mauvais estat oü nous avons mis les Hollandois et de la perte d'un de leurs vaisseaux et de deux frégattes qui y furent aumenées bors du combat par les gallères, et autres particularités que je lasise a vous dire par ceux qui ont la confirmation de ces nouvelles. Enfin la vérité est qu'après nostre combat et nostre arrivée icy Reutre avec son armée a quitté la partie et s'en est alle' pour se radouber ou pour se retirer, ce que vous aurez scu exactement plus tot que nous, car nous 1'avons appris d'un vaisseau anglois qui 1'a rencontré et parle' estant au dela de la baye de Naples allant vers Livourne.

Deux ou trois jours après Montesarce a mis a la voile de la rade de Melasse sans que nous sachions certainement quelle route il a pris. L'on asseure pourtant qne les vaisseaux espagnols qui estoient a Bareelonne 1'avoyent desja joint; nous espérons dans peu apprendre de quel costé ils auront fait voile. Cependant nous réparons les débris du combat qui sont plus importans que n'avions creu. Néantmoins dans peu de jours nous serons en estat de mettre en mer. Ce seroit mon avis de le faire dans dix ou douze jours si l'on estoit confirmé que Reutre fut a Livorne et les Espagnols ailleurs. Et quand je ne sortircis qu'avec les 20 vaisseaux, je serois assez fort en cas que je tienne les Hollandois ou les Espagnols séparés, puisqu'aparament ce n'est pas pour le rejoindre si tost, et que ne trouvant pas autre sujet d'employ a la mer, je pourrois me rendre a Toulon pour y recevoir les ordres du Roy sur le secours nécessaire qne S. M. doit envoyer, soit pour la simple conservation de Messine, on pour la conqueste entière de la Sicilië, qui ne sera jamais plus facille qu'a présent que les Espagnols ont perdu 1 esperance qu'ils avoient concue de l'armée d'Hollande commandée par Reutre. Ils est vrai que Messine ne se tient point asseurée que quand ils y voyent des vaisseaux du Roy, mais les dix qui y ont esté demeureroyent jusques a 1'arrivée des gallères, après quoy ces dits

Sluiten