Geen zoekvraag opgegeven

Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

point sur nous et conserva toujours le vent. Le soir M.r Duquesne depescha une felouque a Messine pour faire savoir a M. le duc de Vivonne que nous estions en presence des ennemis; elle passa heureusement. La nuit les deux flottes coururent au Sud, 1'armure abas bord; les pavillons ennemis allumèrent leurs feux ordinaires et tous leurs vaisseaux en allumèrent un; dans notre flotte, il n'y eut que nos trois pavillons qui en portassent. Nous marchames toute la nuit en ordre de bataille et a la veue les uns des autres. A minuit M.r Ruther tira un coup de canon auquel répondirent le vice-admiral et le contr'amiral; il voulut nous faire acroire qu'il reviroit. Comme je m'en défie et que j'aprehendois que M.r Duquesne ne donnat dans ce panneau, je luy écrivis qu'il n'estoit pas croyable que les ennemis revinssent a 1'autre bord, et qu'il faloit continuer nostre route, a moins que nous ne les perdions de veue. Le S.r Baptiste Roux premier lieutenant du Pompeux luy porta mon billet et le leust en presence du major, et me remercia de 1'advis, qui se trouva juste, car deux heures après nous vismes les feux des ennemis.

Monsieur Ruther nous menoit vers Palerme dansTespérance de rencontrer Montesarche qui attendoit d'heure en heure, et s'il 1'eut joinct avec ses dix vaisseaux avant le combat sa partie auroit esté mieux faite que la nostre. Mais a la fin du second quart le vent d'ouest se déclara pour nous, et le 8 au point du jour les ennemis estoient a deux lieues a voule vent; nous perdimes une heure de temps pour attendre nostre arrière-garde, qui estoit un peu esloignée a cause que nous avions reviré a la diane en faisant la contremarche. Dès que M. Gabaret fust proche, nous forcames de voiles.

Les ennemis avoient a leur teste et a leur queue deux vaisseaux a trois ponts, et qui marcboient bien, mais nous allions mieux qu'eux; ainsi nous fusmes de 1'avant de leur teste a 9 heures. Une partie de nostre corps de bataille avoit derrière l'admiral Ruther, et asseurément c'estoit bien fait; alors M. Duquesne fit le signal d'arriver, ce que M. de Preuilly fit, mais il prist si peu d'espace, c'est a dire de mer ou de terrain, que quand il falut présenter le costé et estendre la ligne il ne gesna pas seulement les vaisseaux quy estoient derrière luy mais ceux de la teste du corps de bataille, faute qui empeseha durant quelque tems les vaisseaux qui estoient doublés de tirer sur les ennemis.

La Fayette en fit une plus grande, et dont il fust chatié, car impatient et désireux de charger les ennemis, il arriva avant qu'on eut fait le signal, et trois vaisseaux de 1'avant-garde ennemie Ie dégréèrent tellement que d'une heure il ne put revenir au combat.

Le Parfait que Chatteauneuf monte fust d'abord dématé de son grand hunier, ce qui 1'obligea de se tenir au vent pour faire reparer en diligence son mal. Cette manoeuvre ne répond pas a sa réputation précédente qui n'a jamais esté ny partagée ny douteuse; plusieurs la

Sluiten