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humaynement tout ce qu'il se pouvoit faire. Septemes ue s'est point épargné. Villeneuve-Ferrière capittaine de YAquillon a esté tué, mais il y a tant de plaintes dans cette division que je n'ay pas la force de vous escrire qu'ils laissèrent gagner nos eaux a 1'arrière-garde des ennemis.

Tourville qui voyait ce désordre de prés y envoya de son chef Nicolas pour leur dire de la part de M.r du Quesne d'arriver; M.r Duquesne y envoya de Ris, aide major, mais il n'estoit plus tems, le ventalloit mal et le peu qu'il y en avoit contraire. Sans mentir, si nous eussions pris le point de 1'occasion, 1'arrière-garde des ennemis auroit eu de la peine de nous échaper: elle estoit coupée sans aparence de pouvoir estre secourue; M.r de Ruther en estoit fort esloigné et nous 1'occupions assez. En effet eet admiral en eut peur, et il envoya deux bruslots a son vice-admiral qui la commandoit. M.r Duquesne voyant le vent tombé, fit signe a 1'avant-garde de le tenir en déplbyant un pavillon rouge au baston du beaupré. M.r de la Fayette qui estoit a la teste s'en apercut et se ralia au vent. De malhonestes gens y ont trouvé a redire; s'il avoit manqué a faire cette manoeuvre il mériteroit une reprimande plus sévère que celle que l'on lui a faite pour estre arrivé de son propre mouvement, paree que cette faute, bien que grande, et contre la discipline, ne regarde que luy seul, au lieu que 1'autre regarde toutte la flotte et pourroit causer la perte de 1'avantage du vent, qui est le plus grand qu'on puisse avoir et prendre sur la mer.

Une heure avant la nuict les galères essayèrent leur canon de coursier contre M.r Duquesne, qui les mesprisa: Tourville les fit faire, en les saluant de deux coups de canon de deux pièces de 36; elles remorquèrent deux vaisseaux qui apparemment estoient incommödés. Ainsy finit la journée que l'on appellera la battaile d'Alicut, isle a 25 lieues de Messine du costé de 1'ouest.

Les ennemis continuèrent leur route au sud vers Palerme et nous réuniasmes vers Stromboli; le 9 nous fusmes hors de veüe ettravailllons a nous réparer, et a faire remplir de cartouches; le 10 le temps fut obscur et couvert, brume et pluie, veut variable. A 8 heures de matin nous estions a portée de mosquet de Stromboli, et M.r de Preuilly sous le vent avec toute sa division; a midi nous vismes au vent 14 vaisseaux et une tartane, d'abord nous crusmes que c'étoit les ennemis et nous arivasmes sur les vaisseaux esloignés, mais les signaux de reconnoissance qu'ils firent nous marquèrent que c'estoit M.'d'Almeras. M.r Duquesne y répondit et nous nous joignimes.

La nuit du 10 au 11 fut obscure et noire; M.r Duquesne revira deux fois en cinq horloges, et les vaisseaux ïe Joly et YApollon s'abordèrent. Ce dernier perdit le beaupré et le mat d'avant; ils mirent du feu a leurs aubans, et tirèrent plusieurs coups de canon pour marquer leur désordre, demander du secours, et pour prier de les attendre, mais on

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