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qu'il y ait toujours dans son port ou des gallères ou des vaisseaux, jusqu'a ce qu'elle aye une bonne et suffisante garnison avec laquelle elle se puisse tont a fait maintenir sans crainte d'insülte, ny par mer ny par terre. Lorsqu'elle aura cette garnison et du bied pour assez longtems, tous les vaisseaux s'en pourront aller ou en France, ou a chercher les ennemis partout oü il leur plaira, et pourront estre hors de Messine autant que le service le demandera, sans qu'elle pe'riclite ny qu'elle s'inquiète de ne les pas voir. Elle pourroit estre de mesme sans les gallères pourveu qu'il en restat seulement quelques-unes pour secourir les marchands contre les brigantins et galliotes ennemies, et qne les gallères d'Espagne fnssent esloignées d'icy, car si elles estoient a Melasse, en ce cas V. M. voit bien quil seroit nécessaire que touttes ses galères demeurassent a Messine pour tenir esloignées celles des ennemis qui ne manqueroient pas de fermer le passage du Sud, s'il n'y avoit icy ny vaisseaux ny gallères. Donques jusqu'a ce que V. M. nous ayt envoyé de quoy augmenter nostre garnison (pour laquelle rendre complette il faudroit encore deux mille hommes tant pour Augouste que pour Messine, attendu que les ennemis ont assés de trouppes et en font venir continuellement ou du Règne ou d'ailleurs) il est d'une nécessité indispensable que V. M. tienne icy ou tous ses vaisseaux ou touttes ses gallères, ou bien la moitié de ses vaisseaux au moins. Mais comme de renvoyer la moitié desdits vaisseaux ce seroit s'expöser de nouveau aux inconvénients qui peuvent arriver pour se rejoindre, et que l'on doit tant craindre avec justice, il nous paroist que cette séparation ne se doit pas faire jusqu'a ce que l'on aye de nouvelles asseurées que les Hollandois ayent repassé le détroit pour sen retourner tout a fait en Hollande, ou pour ne revenir que sur la fin de l'année. En ce cas on pourroit se séparer sans danger pour un temps; autrement les 30 vaisseaux doivent toujours estre ensemble.

Si les Espagnols fournissoient aux Hollandois et de 1'argent et des vivres pour rester en ces mers et n'en pas partir, alors les vaisseaux de V. M. ne pouvant quitter le fare, a cause du peu de soldats qu'il y a a Messine, je vois que le meilleur expédient seroit de faire couler icy du bied pour leur faire du biscuit, et les autres vivres nécessaires pour leur entretien. Car de s'en aller a Toulon les prendre, cela ne sa pourroit faire, si ce n'est après que les gallères seront arrivées icy, ce qui ne peut estre avant la fin d'avril au plus tost, et les vaisseaux ne pouvant pas attendre icy que jusques a la fin de mars, il résulte de cela une vérité inconstesable qu'il faut en renvoyant tous les vaisseaux a la fin de mars ou laisser un mois on deux Messine sans armée navalle absolument, et par conséquent la laisser péricliter visiblement, ou envoyer icy des vivres de la facon que je viens de dire. Ce qui fortiffie ce raisonnement est que je suis persuadé qne quelque diligence que fassent les gallères elles ne

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