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pourront pas être icy dans le mois d'avril, et que ce sera beaucoup pour elles que d'y arriver a la fiu de may, auquel cas Messine demeureroit deux mois abandonné, ce qui est un temps plus que suffisant pour donner moyen aux ennemis de nous en chasser ou de nous y faire tous périr.

Le seul expediënt qui me paroit pouvoir oster tous ces embarras seroit (si le convoy que V. M. nous destine n'estoit pas encore party quand cette lettre luy sera rendue) de faire vistement embarquer quelque infanterie sur les bastiments qui le composent. Ce secours arriveroit avant la fin de mars ou le commencement d'avril, et alors tout seroit en seureté, car si tost qu'il seroit débarqué les vaisseaux pourroient mettre a la voille pour s'en retourner tout ensemble a Toulon, reprendre des vivres, si les ennemis estoient encore dans ces mers; et s'ils ny estoient pas, recevoir les ordres de V. M., et faire tout ce qu'elle voudroit suivant les projets que l'on se proposeroit alors. Après ce que je viensdedire, il me semble que V. M. a de quoy voir clair dans les résolutions qu'elle est obligée de prendre d'icy au mois d'avril pour son armée navalle. II me reste a 1'entretenir touchant ce que cette armée peut faire d'ici-la.

V. M. ne fera la justice de convenir que les armées navalles qu'elle envoye icy sont premièrement pour la confirmation de Messine, eten second lieu pour ayder a augmenter les conquestes qu'on a desja faites s'il se peut. Sur ce fondement j'ay raisonné avec M. du Quesne depuis qu'il est icy, et je luy ay proposé a exécuter avec les vaisseaux quelques desseins qu'il a extrêmement approuvés comme faisables, et pouvant produire de la gloire et de 1'utilité aux armées de V. M., en insultant quelques places maritimes du costé du Sud, qui pourraient extrêmement ayder a la conqueste de la Sicile, et a la subsistance de Messine. Mais comme pour cela il faudroit estre libre et n'avoir pas des ennemis qui pussent interrompre nostre ouvrage, il est convenu que je ne devois pas me mettre en devoir de rien exécuter de semblable jusqu'a ce que je fusse en estat de n'estre pas troublé dans mon exécution. II m'a dit encore une autre raison pour fortifier son sentiment, qui est que pour conserver ces places il faudroit composer la garnison des soldats des vaisseaux, ce qui ne se pouvoit faire pendant que les Hollandois seroient en ces mers. Ainsy qu'il falloit suspendre touttes ces pensées jusqu'a un temps plus propre pour cela. Si donques V. M. n'entends pas que de ce costé son armée navalle fasse de 1'avancement, je la supplie de ne s'en pas prendre a moy, puisque je ne manque pas d'application pour le bien de son service. Je dis cela, Sire, parceque je ne doute pas que les escritures qui ont tant couru l'année passée, ne recommencent, celle-cy, a tort ou a travers, a présent que la marine est revenue, car enfin on veut escrire a quelque prix que ce soit, et se faire valloir aux despens du prochain, quelque iujustice qu'on puisse commettre par cela. Si le mesme esprit m'animoit,

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