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arriva le mercredi de Messine fut accompagnée d'un grand bruit de canon qu'on entendit le mercredi, bien que le combat fut a plus de 20 lieues de Messine. Depuis le mardi Alméras et ses camarades luttoient jour et nuit contre les vents et les courans pour passer lefare, et le jeudi au point du jour ils le passèrent et firent force de voiles, si bien que le jour mesme sur 1'isle la Panerie, ils virent les galères des ennemis qui remorquoient un vaisseau desmaté de son mast de hune d'avant; a cette veue tous les capitaines se rendirent a bord d'Alméras qui leur dit qu'il ne falloit pas douter que l'armée des ennemis ne fut derrière ces isles, oü ils out une si bonne rade et une forteresse; que les galères les avertissoient dans la nuit de ce qu'elles voyoient; qu'estans asseurés du combat du jour précédent nostre armée n'en pouvoit pas estre éloignée, et qu'aparament, 1'amiral Ruiter tacheroit a 1'attirer sur les routes de Palerme pour joindre les Espagnols; qu'il étoit nécessaire de tout hazarder pour joindre M.r Duquesne, et pour cela qu'il se falloit bien tenir ensemble toute la nuit; qu'il feroit tous les signaux des feux et du canon, nonobstant les ennemis, et faire route pour aller est et ouest de Stromboli, que M.r Duquesne marquoit dans sa dernière letre, et après y avoir fait la découverte le matin faire route vers Palerme pour aller au devant de la jonction des ennemis. Tous les capitaines furent de même sentiment.

Deux oü trois heures de nuit on eut connoissance des feux d'une armée au large de nous et on fit ce qu'on avoit résolu toute la nuit. Ce vendredi au point du jour on découvrit une armée; tous les vaisseaux étoicnt prêts pour le combat, et Alméras prit sa route sur cette armée qu'il croyoit plütót celle des ennemis que la notre a cause du voisinage des galères. Cette armée qui pendant la nuit s'estoit éloignée considérablement de son avant-garde et qui voyoit quinze vaisseaux au vent qui alloient vent arrière sur eux, crut aussy que c'estoit les ennemis; le jour étoit embrumé et on ne voyoit pas asseurément toute la queue; cette armée done arriva pendant quelque heure pour rejoiudre son avant-garde, Alméras la suivit toujours, et lorsque cette armée fut rejointe a veue, elle retint le vent et attendit. Environ midi, on se tronva assés proche pour faire des signaux de reconnoissance; Alméras comme estant au vent les commenca, et incontinent M. Duquesne y répondit, et les deux corps se joignèrent.

Le temps éclaircit un peu, et on vit en même temps l'armée des ennemis au vent de nous. Alméras prit promptement l'ordre du combat de M. Duquesne et le distribua comme il put a son escadre, et prit 1'avantgarde de notre armée, qui navigua en bon ordre, comme a veue des ennemis.

Le samedi au jour on vit l'armée des ennemis a trois ou quatre lieues au vent de la nötre, et lorsque le soleil fut haut on distingna deux pavillons au grand mast, ce qui nous assura que les ennemis étoient joints aussi. Ils étoient au vent et nous ne pouvions faire que

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