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les attendre; c'estoit a eux a venir. Des prisonniers disent que Moutesarchio en pressa 1'amiral Ruiter et qu'il témoigna qu'il ne falloit pas craindre pour nous voir joints, et que Ruiter lui répondit qu'il n'avoit pas trouvé qu'on deust mépriser ce qu'il avoit eombattu sous le commandement de M. Duquesne et qu'Alméras qui 1'avoit joint et les vaisseaui qu'il commandoit étoient les mêmes qui lui avoient fait repasser le fare. Quoiqu'il en soit ils eurent grand soin de détruire le vent, et nous avons esté a veue trois jours entiers sans qu'ils ayènt arrivé.

La nuit du luudi au mardi ils s'éloignèrent et le mardi au matin, M. Duquesne voyant qu'ils ne parroissoient pas, appela les capitaines au conseil, et ne doutant pas que les ennemis ne se fussent postés entre le fare et les isles qui en sont plus proches, il sentit mieux sans doute sur le lieu les risques et inconvéniens du passage par le nord dn fare qu'il n'avoit jamais fait a Toulon, oü il s'étoit flatté de pouvoir le passer avant que les ennemis 1'eussent occupé. M. Duquesne remit la chose en délibération, et exorta tous les officiers de ne considérer en cette rencontre que le service du Roy et la gloire de S. M.; chacun opina en son rang, et toutes les opinions ensemble ne firent qu'une qui fut de passer par le Sud sans perdre un moment, et qu'en sauvant Messine, on prendroit par le Sud sur l'armée des ennemis tous les avantages qu'ils vouloient prendre sur nous par le Nord. Le vent seconda le besoin et les désirs, et en peu de jours nostre armée étoit arrivée a Messine.

Incontinent que les ennemis seurent que nous paroissious par le Sud, ils mirent a la voile sur Melasse, et un jour ou deux après l'admiral Ruiter s'est mis a la mer a la route de Naples ou de Ligourne, et les Espagnols deux jours après ont fait voile vers Palerme.

Jusqu'icy nous n'en savons pas davantage. II paroit beaucoup de contretemps et un grand disconcert entre les deux nations. II étoit vray que s'ils se séparassent, les affaires de ce pays icy en recevraient sans doute de grands avantages, mais il seroit facheux pour l'armée navalle du Roy que cette armée d'alliés leur eschapast, sans avoir donné le combat général.

On travaille avec chaleur pour se mettre en estat de tout faire et tout le sera en peu de jours, et si j'en suis era on passera le fare, et on ira en corps d'armée visiter Melasse, Palerme et Naples. II y a apparence qu'on les trouvera rejoints ou séparés, et au pis aller, on fera le tour de la Sicilië, et on reviendra par lé Sud a Messine y recevoir les ordres què S. M. y pourra envoyer dans ce temps-la. Fait a Messine, le 28" jour de janvier 1676.

Dalmbeas.

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