Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

la ligne sans ordre ou signal: je crois qu'il n'auroit pas use'en vers nous de se've'nte' romaine, et s'il eut voulu s'en servir je me serais refugié a la statqe de Ce'sar, persuadé que le Roy ne m'auroit pas seulement ordonné cette désóbéissance, mais que S. M. m'auroit eslevé a la chargé de lieutenant général sans que je la luy eusse demandée.

J'avois cette dignité devant les yeux et tous les bons offices que Monseigneur vostre père et vous m'avez rendus et me rendez me repassèrent dans la mémoire;'je vous suplie trés humblement de me les continuer et de faire valoir le peu que j'ay fait. Aidez-moy s'il vous plaist: vous en avez le moyen, et si je ne pas suis indigne de vostre protection, je vous la demande avec toute sorte de respect, et vous voyez bien a toutes mes actions que je me force toujours de la mériter mieux.

En vérité je mourois d'envie de couronner ceste journée d'nne belle et hardie manoeuvre, et 1'aurois fait sans 1'entier dégréement de nos vaisseaux. Je ne risquois quasi rien: il n'y avoit pas une heure de jour: la teste des ennemis c'est a dire 4 vaisseaux hors de combat et un de ceux de 1'arrière de M. Rutther au mesme estat; aparemement e estoient; les plns braves et les plus habiles cappittaines de sa flotte qu il avoit. choisis pour nous attaquer. Ce que je vous dis icy a creyé les yeux a toute nostre armée, car lesdits vaisseaux et les galères qui les reinorquöieht ont passé a la portée du canon de nostre corps de battaille.

Voyés s'il vous plaist que feu M. Dalmeras a eu 1'honneur de préparer une victoire glorieuse et il n'a pas tenu a moy que nous n'en ayons use. J'espère m'expliquer mieux un jour au coin de vostre feu, et eu présence du chevalier de Tourville segond de M. Duquesne. Trouvez hou que je me remette a ce lieptenant général a vous faire scavoir ce qui s'est passé dans sa division, et que je me contente de vous dire que j ai viré deux heures pour le trouver et me rallier a luy. Le soin de vous parler de 1'arrière-garde est réservé a M. Gabaret.

Le 23 les flottes estoient a le veue: la nostre avoit le vent, mais il estoit si frais et nostre- division si escorchée qu'a mon avis cela seul nous empeseha d'arriver sur les ennemis. Ils se sont retires a baragouse et deux fois nous nous sommes présentés a 1'emboucheure pour les con vier a sortir, mais ils n'en ont pas fait le semhlant; de la nous avons esté a Auguste, et nous partimes le 30 avril pour retourner a Messine. Le premier mai ons donnames dans le phare, et une tempeste qui nous surprit nous a fait plus de mal et plus de peur que les Holandois et les Espagnols unis ensemble. Dieu veuille que tous les vaisseaux arrivent a bon port, et que cette relation que je hazarde y arrivé aussy.

Je ne puis la finir sans vous dire que M. de Vouzi se témoigne plus digne que jamais des garces que le Roy luy a faittes; je souhaitte

Sluiten